DLAS – Sombre & Réel
J’viens d’un passé qui m’regarde encore droit dans les yeux,
Des nuits trop longues, des silences qui faisaient plus mal qu’les bleus.
On m’a dit “ça ira”, mais personne restait quand ça tremblait,
J’ai dû apprendre à marcher seul même quand mes jambes voulaient s’plier.
Strasbourg m’a forgé dans l’froid, dans les regards qui jugent,
Dans les couloirs humides où le cœur se purge.
J’ai grandi loin des discours, près des murs qui parlent,
Là où si tu cries trop fort, la réalité t’rappelle qu’elle s’installe.
J’ai vu des proches partir quand la vie tournait trop vite,
J’ai vu des sourires casser net, des promesses s’faire la fuite.
DLAS c’est pas du style, c’est c’que j’ai dû devenir,
Un nom que j’porte comme un poids, ou comme un moyen d’tennir.
On t’dit “fais confiance”, mais on t’plante quand t’es fragile,
On t’dit “sois fort”, mais personne voit quand tu vacilles.
J’ai serré les dents plus souvent qu’j’ai parlé,
J’ai encaissé des vérités qu’personne voulait m’donner.
Le sombre m’a suivi, mais j’l’ai apprivoisé,
J’ai pris mes douleurs, j’en ai fait des mots pour respirer.
J’raconte pas des vies inventées, j’fais pas semblant d’être un autre,
J’parle juste d’un gamin qui voulait tenir debout, coûte que coûte.
Aujourd’hui j’me tiens droit même si l’passé tire encore,
J’me bats pour qu’mon regard devienne plus clair que mes remords.
Le réel, c’est ça : avancer même quand t’es vidé,
Et trouver une force dans tout ce qui t’a brisé.J’ai traîné mes cauchemars comme des chaînes qu’on voit pas,
Le passé m’a tellement brûlé que même la lumière me rassure pas.
J’ai pleuré sans bruit, j’ai crié dans ma tête jusqu’à m’étouffer,
J’ai serré la douleur si fort qu’elle a fini par m’apprivoiser.
Les gens pensent que j’suis froid, mais j’suis juste rempli d’éclats,
Des morceaux d’moi qu’j’ai perdu quand la vie me brisait en bas.
J’ai vu la haine me tendre la main, j’ai failli la suivre,
J’ai failli tout foutre en l’air juste pour sentir mon cœur vivre.
Et ouais, j’suis tombé dans des nuits où j’me reconnaissais plus,
Où l’miroir me jugeait, où j’regrettais tout c’que j’avais vécu.
J’me disais “faut qu’j’part”, “faut qu’j’coupe”, “faut qu’j’pète”,
Mais au final j’ai juste frappé l’vide pour qu’il m’écoute honnête.
DLAS, c’est pas qu’un nom, c’est un cri qu’on n’a jamais entendu,
C’est un gamin qui s’est construit dans le noir et qui est jamais devenu
Le monstre qu’la vie voulait qu’il soit, même si parfois j’ai glissé,
Même si la rage m’a pris au cou et a failli m’emmener.
Aujourd’hui j’marche encore, mais avec les traces du carnage,
Avec les cicatrices profondes que j’cache derrière mes barrages.
J’suis pas un héros, j’suis pas un ange, j’suis un survivant de mes nuits,
Un mec qui s’est relevé d’là où beaucoup seraient restés engloutis.
Alors ouais, la fin est hard, mais j’suis encore là pour le dire :
Ce qui ne m’a pas tué m’a tordu, m’a blessé, mais m’a aussi appris
Que même dans l’obscurité totale, j’peux avancer sans plier,
DLAS