J’ouvre les yeux, il fait nuit même à midi,
Le décor est usé, comme nos vies, comme nos habits,
J’viens d’un endroit où l’espoir parle à voix basse,
Où les rêves font demi-tour avant même la première impasse.
Les murs ont des histoires que personne veut entendre,
Des gamins grandissent trop vite, apprennent à se défendre,
Le froid s’infiltre pas que dans les os,
Il s’installe dans les têtes, il s’accroche aux mots.
J’ai appris tôt que l’amour coûte cher,
Que la loyauté se négocie, souvent à l’envers,
Alors j’avance droit, même quand tout penche,
Avec le poids du réel qui me serre la tranche.
Je fais mes bye bye bye dans le ghetto,
Je leur dis bye bye bye, je regarde la météo,
Je vois qui caille caille caille, les regards sont en écho,
Le froid vient pas du ciel, il tombe des mots
Je porte pas de manteau mais un gilet pare-balles,
Contre les rafales de la vie, pas celles qui font scandale,
Ici ça vise le cœur, ça tire avec des promesses, J’ai le regard creusé comme les murs de la ville,
On enterre des rêves sans pierre ni civil,
Les prières se perdent dans le bruit des sirènes,
Même Dieu détourne les yeux quand la misère traîne.
J’ai la crasse dans la voix, le passé sous la langue,
Des souvenirs qui puent, qui collent, qui gangrènent,
On sourit par réflexe, on saigne par habitude,
Ici la haine grandit plus vite que la gratitude.
Si je tombe, y’a pas d’ange, y’a que le béton froid,
Des promesses mortes écrasées sous les pas,
Bye bye bye… j’laisse des bouts de moi derrière,
Un cœur en survie, emballer dans la poussière.
Je fais mes bye bye bye dans le ghetto,
Je leur dis bye bye bye, je regarde la météo,
Je vois qui caille caille caille, les regards sont en écho,
Le froid vient pas du ciel, il tombe des mots