De ce sang qui bat trop fort contre mes tempes,
C'est mon propre esprit qui m'affronte et me traque.
Face à la meute où tes fantômes campent,
Mon cœur encaisse chaque coup et chaque attaque.
Quand ton esprit rassemble au même endroit
Le froid brûlant de tes blessures,
Il bâtit ce théâtre où règne l'effroi,
Sans la violence de tes songes les plus durs.
Tu te réveilles trempée, le corps en détresse,
Le cœur battant à rompre les os de ta peur.
Et j'ouvre les yeux dans une soudaine ivresse,
Enfin délivrée de ce condensé de douleurs.
Et j'ai compris dans le silence
Que fuir nourrit la souffrance.
Mais regarder la peur au cœur,
C'est lui donner une autre valeur !
Les cauchemars ne déforment pas les visages,
Ils brisent les masques et les faux présages.
Ce que tu refuses de contempler
Finira par te gouverner !
Car tout ce qui tombe sous la nuit
N'est pas condamné à l'oubli...
Certaines choses s'agenouillent sans bruit
Pour mieux se relever dans la vie !
Le corps sait ce que l'orgueil veut cacher,
Quand le sang frappe aux tempes pour tout réveiller.
Et les cauchemars ne sont que le miroir
De vérités enfouies attendant dans le noir.
On croit que les songes inventent des enfers,
Ils exhument seulement ceux sous nos paupières.
Il prend les débris de tes paniques brutes,
Répare en silence la peau de tes luttes.
C'est la fièvre qui danse aux frontières des os,
Quand ton cœur bat la charge et repart à zéro !
Et j'ai compris dans le silence
Que fuir nourrit la souffrance.
Mais regarder la peur au cœur,
C'est lui donner une autre valeur
Ô nuit, garde le secret des hommes,
Dans tes profondeurs où nos esprits sombrent...