[Intro]
(Ambiance cinéma. Violons très lents. Voix parlée, suspendue)
On va voir des gens en blouse blanche.
Qui nous tendent des ordonnances.
Des petits bouts de papier.
Pour mettre des pansements sur l'existence.
Mais les molécules ont leurs limites.
Quand c’est l’âme qui est en miettes.
Quand certains prennent des cachets.
Pour masquer l'ennui.
Les miens ont un goût.
De do, ré, mi
[Couplet 1]
(Entrée d'un beat lourd, très lent. Rythme solennel)
Pendant que l'époque s'abrutit.
De sombres molécules.
Que les âmes dociles.
Avalent des pilules.
Une perfusion de rimes.
S'injecte dans les veines.
Pour purger ce qu'il reste.
De toxines en moi.
L’encre saigne à ma place.
Quand mes lèvres se taisent ,
Les partitions m'enlacent
[Refrain]
(Les violons s'ouvrent, majestueux. Voix angélique, très étirée)
La plume enfoncée dans la plaie.
Pour comprendre où ça fait mal.
Je ne suis pas un genre musical.
Je suis le patient qui se soigne.
Tu recouds ton âme.
Au rythme des mots.
La seule overdose.
Qui n'a pas de poison.
[Couplet 2]
(Crescendo orchestral. Débit posé, chaque mot pèse)
La plume devient ce médicament.
Qui coule sans ordonnance.
Et sans contre-indication.
Une dépendance saine.
Qui console les émotions.
Et guérit l'esprit.
Quand la boîte crânienne.
Devient ta pire ennemie.
Ce n'est pas de la violence.
C’est ta thérapie.
C'est le moment précis.
Où la chair devient fréquence.
Et là, l'archet entre sans sursis.
Ils ne voient pas derrière ta déchirure.
Le message de survie.
Caché sous la couture.
La résurrection pure.
Qui s'écrit sous ta peau.
Pendant que leur normalité s'emmure.
Sortez les mouchoirs.
Visez le mélodrame et ses lois.
Franchement.
Même ma dépression a plus de gueule.
Que vos joies.
[Pont]
(Le beat s'arrête. Solo de violon pur et poignant)
Quand la foutue chimie empoisonne.
Détruit et enterre.
Les noires et les blanches.
Purgent la bile amère.
(Le beat lent reprend, impact fort)
C'est un massage cardiaque.
En accords percutants.
Secouer ta léthargie.
Laisse les décibels percer l'armure.
Chaque note est un scalpel.
Qui vient opérer la blessure.
[Refrain]
(Apogée grandiose. Beat lourd et symphonie au maximum)
La plume enfoncée dans la plaie.
Pour comprendre où ça fait mal.
Je ne suis pas un genre musical.
Je suis le patient qui se soigne.
Tu recouds ton âme.
Au rythme des mots.
La seule overdose.
Qui n'a pas de poison.
[Outro]
(Le beat s'efface. Violons aériens, voix cristalline isolée)
Une ballade me rappelle.
Que la fragilité n'est pas une faiblesse.
Et qu'il existe parfois plus de force.
Dans une larme que dans une promesse.
Pour prendre ma haine.
Et la fracturer dans le calme.
Un beat qui cogne.
Quand il n'y a pas de vague à l'âme.
Je choisis mon poison.
Pour survivre autrement.
Je choisis mes notes.
Pour respirer lentement.
Et si certains cherchent des pilules.
Pour tenir debout.
Moi je cherche des accords.
Pour ne pas tomber à genoux.