Dans le silence des jours ordinaires,
je marche sans chercher ma propre lumière,
car je la vois naître ailleurs,
dans un regard qui s’éclaire grâce à moi.
Il y a en moi ce besoin étrange,
presque vital, presque brûlant,
de déposer un sourire
sur le visage d’un autre,
comme on allume une bougie
dans une pièce oubliée.
Et lorsque la nuit tombe
sans que j’aie illuminé quelqu’un,
alors mon cœur se voile,
comme un ciel sans étoiles.
Car au fond, mon sourire n’est pas à moi,
il voyage, il se déplace, il s’offre,
il prend racine chez l’autre
et revient à moi transformé,
plus grand, plus vrai,
comme un écho lumineux.
On nous apprend à briller seuls,
à gravir, posséder, réussir…
mais la vraie clarté
ne se trouve pas au sommet,
elle naît dans les liens invisibles,
dans ces gestes simples
qui rallument une âme fatiguée.
Le monde est plein d’ombres,
des rues entières plongées dans l’absence,
et pourtant…
il suffirait de peu.
Un mot.
Une main.
Un regard sincère.
Nous sommes tous porteurs d’une étincelle,
même ceux qui pensent être éteints.
Et peut-être que vivre, vraiment vivre,
ce n’est pas devenir lumière…
mais la transmettre.
Alors tendons-nous les uns vers les autres,
comme des flammes fragiles
qui refusent de mourir.
Et dans ce partage silencieux,
naîtra, doucement,
un monde un peu moins sombre.