(Couplet 1)
On m’avait dit “sois un homme”, j’ai pris ça au sérieux
Mais aujourd’hui j’me demande c’que ça veut dire vraiment, être courageux
Les histoires durent moins longtemps qu’un serment murmuré
On construit à deux… puis seul on doit tout réparer
C’est moi qui reste quand les promesses s’évaporent
Assumer la rupture, ramasser les morceaux du décor
La pension qui tombe, les comptes qui s’alignent
Et l’absence qui résonne dans chaque pièce vide
Le matin j’me lève, même quand j’ai plus la force
Faire tourner la maison, garder le cap sans écorce
Le linge, les repas, les factures, les silences
Devenir pilier même quand tout penche en absence
(Pré-refrain)
Et le pire, c’est pas l’argent ni les nuits sans sommeil
C’est d’la voir déjà ailleurs comme si j’étais la veille
Comme si tout c’qu’on a vécu n’avait pas laissé d’trace
Comme si j’étais remplaçable… juste un visage qui passe
(Refrain)
L’homme n’en est plus un, ou peut-être autrement
On cache nos cicatrices derrière un sourire constant
On serre les dents, on avance, on flanche en dedans
Mais on montre rien, faut rester solide pour les enfants
(Couplet 2)
Y’a mon fils qui m’regarde avec des questions dans les yeux
“Pourquoi maman est partie ?” j’réponds sans être haineux
J’peux pas salir son image, même si j’ai mal au fond
Alors j’arrondis les angles, j’invente des raisons
J’lui dis qu’les grands se perdent, parfois sans le vouloir
Que l’amour s’égare même quand il croyait savoir
Mais j’garde pour moi les nuits où j’me sens remplacé
Les pensées qui tournent, et l’orgueil fracassé
Faut être fort sans pleurer, digne sans s’effondrer
Porter ses cicatrices sans jamais les montrer
Dans un monde où souffrir en silence est une norme
On apprend à survivre sans jamais baisser les armes
(Pont)
Et j’me demande encore si j’me suis trompé d’histoire
Si j’ai aimé trop fort ou mal choisi le miroir
Parce qu’au fond la vraie question qui m’garde éveillé
C’est pas “pourquoi elle est partie”… mais “est-ce que la bonne peut exister ?”
(Refrain)
L’homme n’en est plus un, ou peut-être autrement
On cache nos cicatrices derrière un sourire constant
On serre les dents, on avance, on flanche en dedans
Mais on montre rien, faut rester solide pour les enfants
(Outro)
Alors j’avance seul mais debout, même cabossé
J’assume mes erreurs, même celle d’avoir aimé
Si être un homme c’est ça… tenir sans faire de bruit
Alors j’en suis un… même quand tout en moi s’enfuit