Elle a toujours appris à se taire, à dissimuler ses blessures sous un voile de force, à sourire comme si tout allait bien alors que son cœur, lui, criait en silence.
Elle marche dans la vie avec une allure fière, parfois trop fière, comme si l’indifférence pouvait la protéger.
Elle sait se montrer inaccessible, elle sait dresser des murailles plus hautes que ses désirs, et pourtant, derrière chaque pierre de ces forteresses, il y a une femme qui espère.
Car la vérité, c’est qu’elle ne cherche pas l’isolement. Elle provoque l’abandon avant qu’il ne la surprenne, mais au fond, elle rêve qu’un jour quelqu’un restera. Quelqu’un qui traversera ses colères, ses silences, ses refus. Quelqu’un qui saura voir l’enfant qui tremble encore derrière la femme qu’elle prétend être.
Elle attend une présence qui ne reculera pas devant ses ombres, une âme capable d’aimer même ce qu’elle cache. Pas pour la sauver, mais pour l’accompagner, pas pour combler ses vides, mais pour s’asseoir à ses côtés quand ils se creusent.
Elle rêve d’un regard qui ne se détournera pas, d’un corps qui restera, d’une voix qui dira : je ne pars pas.
Et peut-être que toute sa vie elle aura l’air de repousser le monde, mais en vérité, elle tend les mains à travers ses murs, espérant qu’un jour, quelqu’un aura le courage de les traverser.