[Couplet 1]
Ce n’est pas mon corps qui est trop,
C’est le monde qui se fait étroit.
On m’a dit d’être moins, d’être douce,
De plier mes ailes sous leurs lois.
On m’a appris à disparaître,
À sourire quand tout hurle en moi.
À cacher mes larmes, mes tempêtes,
À rentrer mes rêves, mes émois.
[Refrain]
Mais je veux revenir dans mon corps,
Dans cette terre, dans ce trésor.
Il a tenu, il a aimé,
Il a brûlé, il a dansé.
Ce corps que j’ai voulu changer,
C’est ma maison, mon allié.
Je veux lui dire enfin merci…
Merci d’avoir survécu ici.
[Couplet 2]
Trop ronde, trop fine, trop vieille, trop jeune,
Trop vivante, trop femme, trop je.
À force de vouloir rentrer dans le moule,
J’ai oublié la forme du feu.
J’ai cru qu’il fallait être belle,
Sans jamais déranger personne.
Mais la beauté, c’est quand je tremble,
C’est quand ma vérité résonne.
[Refrain]
Alors je reviens dans mon corps,
Dans sa mémoire, dans son décor.
Il porte mes guerres, mes pardons,
Mes renaissances, mes saisons.
Je veux poser mes mains sur lui,
Sur mon ventre, mon cœur, ma vie.
Et lui dire, sans peur, sans bruit :
« Merci d’être encore ici. »
[Pont]
Le monde a besoin de femmes entières,
De voix qui percent la lumière.
De celles qui ne rentrent plus dans les cases,
Qui dansent même quand tout s’écrase.
[Dernier refrain — plus doux, presque murmuré]
Je reviens, je reviens dans mon corps,
Je redeviens souffle et décor.
Je ne suis pas trop, je suis vaste,
Je suis vivante, je suis grâce.
[Outro]
Ce n’est pas mon corps qui est trop…
C’est le monde qui bouge