Ce n’est pas aujourd’hui
Ce n’est plus hier non plus
Je vis dans l’intervalle
Là où le temps se perd, où le souffle hésite
Un couloir sans portes
Une brume sans bords
Je me cherche à tâtons
Comme un écho qui aurait oublié sa source
Je frôle mon propre corps
Comme on lit une carte froissée
Quand tout a disparu
La nuit s’accroche à mes bras
Elle connaît mon nom
Elle respire derrière moi
Comme un animal ancien
Qui sait que je suis encore là
Je reste
Même quand tout tremble
Même quand je me perds
Je reste
Encore un battement
Encore un instant de chair
Je reste
Pas pour guérir d’un coup
Pas pour être forte
Juste pour sentir
Que je respire encore
Je gratte la peau
Pas pour la détruire
Mais pour sentir la frontière
Entre ce que je suis
Et ce que la peur raconte
La douleur n’est pas l’ennemie
C’est un point fixe
Un phare minuscule
Dans une mer trop large
Je cherche dans mes cheveux
Un secret jamais appris
Quand l’un d’eux tombe
Je le tiens comme une étoile cassée
Son noyau brille
Translucide
Comme si toute ma mémoire
Tenait dans quelque chose d’aussi petit
Je reste
Dans le silence qui fait du bruit
Dans la chambre sans lumière
Je reste
Quand mes pensées se dispersent
Comme de la poussière
Je reste
Même fragile
Même fracturée
Juste pour sentir
Que je respire encore
Couplet 3
Le silence bat
Comme le cœur d’une maison endormie
Je n’écoute plus le monde
J’écoute mon souffle
Il claque
Il tremble
Il s’enfuit parfois
Mais il revient
Toujours
Les médicaments
Ne mentent pas
Ils posent un voile
Ils ralentissent la chute
Ce n’est pas la réponse
C’est une main sur l’épaule
Qui empêche la nuit
De m’avaler entière
Est-ce qu’un jour
Je marcherai sans filet ?
Est-ce qu’un jour
Je toucherai la vie sans peur ?
Est-ce qu’un jour
Je serai là
Vraiment là
Sans me briser au moindre geste ?
Je n’ai pas la réponse
Mais j’ai ce fil
Invisible
Qui ne rompt pas
Dernier Refrain (plus doux, presque murmuré)
Je reste
Même en morceaux
Même à demi-lumière
Je reste
Encore un souffle
Encore une prière muette
Je reste
Pas pour me faire mal
Mais pour sentir
Qu’au fond de moi
Une lumière respire encore
Je suis une peau qui cherche sa musique
Un cœur qui retrouve sa cadence
Je gratte
Je frémis
J’attends
Et dans cette chair fatiguée
Quelque chose refuse
Encore
De mourir