J’kick comme un clebs qui a faim,
Mon blaze cest willo jegrogne sec
, mâchoire d’acier,
Pas d’frein, pas d’limite,
j’passe les nerfs dans chaque dossier.
Zéro respect dans l’syllabaire,
j’suis l’démon dans l’lexique,
J’crache le béton dans les veines,
j’transforme les beats en reliques.
Ghetto mental, j’ai la dalle,
j’nique ta vibe en deux mesures,
J’ai grandi dans les embrouilles,
les regards froids, les murmures.
Tu veux kicker, t’es en flip,
t’as pas la caisse ni l’allure,
J’arrive brut comme une patate dans les dents,
sans armure.
Pas d’amour, pas d’rancune,
j’ai tout cramé dans ma course,
Ma plume sort du caniveau,
elle pue l’asphalte et les douilles.
J’parle qu’à ceux qui comprennent l’odeur des larmes sur la joue,
J’rappe pour les mômes qui zonent, pas pour les bobos en fourrure.
(Couplet 2)
J’suis d’l’école du carnage, syllabe près, chaque ligne tue,
Pas d’thérapie dans mes phases,
c’est la rue qui m’structure.
Les balances font les stars, les vrais sont muets ou absents,
J’vois qu’des mythos sur Insta, j’vois qu’des cercueils dans l’présent.
Pas d’rêve ici, que des peines, que des potes qu’on revoit plus,
Qu’on enterre sous des silences, sous des regards trop tendus.
Tu veux la rue ? La vraie ? C’est pas du son en studio,
C’est des cris dans l’arrière-cour, c’est des cris dans le cardio.
Chaque phase est un coup d’couteau, chaque mot une entaille sale,
J’suis l’écho des caves humides, des soirs froids et bancals.
J’suis pas là pour les streams, j’suis là pour les cris d’la zone,
Pour les mecs qu’ont la haine, mais qu’la street rend monotone.
(Couplet 3)
Rien à branler d’vos avis, d’vos débats, d’vos critiques,
J’vais kicker jusqu’à l’usure, jusqu’à fendre le plastique.
J’ai vu l’vice dans les regards, la trahison sous les capuches,
J’ai vu les p’tits charger la haine dans des chargeurs de cartouches.
On rappe pour survivre, pas pour les charts ni les awards,
Ici c’est brut, c’est sans hook, que du crasseux dans la voix.
J’ai mis l’système en PLS, moi j’voulais juste une issue,
Mais y’avait rien d’ouvert sauf la haine, donc j’me suis mis dessus.
C’est la jungle sur l’asphalte, y’a qu’les faux qui se maquillent,
J’rappe en hoodie, sale haleine, j’viens salir vos vitrines.
Mes lyrics sont des pavés, j’ai l’langage des écorchés,
J’suis qu’un môme paumé d’la ville, qu’a appris seul à marcher.
(Outro)
Tu veux du lourd ? En voilà, tu veux du vrai ? Ben j’suis là,
Pas d’auto-tune dans ma voix, que du vécu plein les bras.
J’suis pas d’ceux qu’on félicite, j’suis d’ceux qu’on veut pas croiser,
"Rien à Branler", partie deux, encore plus dur à encaisser.