Né du chaos, sans mode d’emploi, j’ai grandi dans l’impact,
Entre la peur qui cogne aux tempes et le silence qui pacte.
Trop tôt placé chez des grands-parents pour tenir l’équilibre,
J’ai appris à survivre avant même d’apprendre à vivre.
Mes cicatrices sont les bases, l’architecture de ma résistance,
Chaque blessure une leçon gravée dans la chair de ma conscience.
Pour mon fils je bâtis droit, même quand l’ombre insiste,
Fatigué mais lucide, debout quand tout vacille, je persiste.
Enfant intimidé, l’ado trop vite adulte, trop responsable,
Le corps déjà usé, la tête pleine de tables instables.
J’ai bossé jeune pour aider, pauvreté, injustice encaissées,
Appris que le monde frappe fort quand t’as rien à encaisser.
Un accident, dix ans de combat, la rue, la faim, la honte,
Des jours où l’espoir se cache et la dignité affronte.
Un viol, vérité étouffée, un poids jeté dans le noir,
Un silence imposé, comme si parler était un tort à avoir.
J’ai serré les dents longtemps, cru que tenir c’était guérir,
Que taire la douleur suffisait à ne plus souffrir.
Mais la nuit ressort les fantômes quand tout devient calme,
Et le cœur recompte les coups, même quand le corps se palme.
Mes cicatrices sont les bases, le socle de mon empire intérieur,
Chaque plaie m’a donné une force, pas un rôle de victime en pleurs.
Pour mon fils je choisis la lumière quand la nuit s’éternise,
Je suis debout, même brisé, je suis ma propre balise.
Devenu père au milieu de relations qui consument,
J’ai tenu bon sans m’éteindre pendant que les cœurs s’allument.
Jusqu’au jour où j’ai dit stop, brisé le cercle ancien,
Effacé le passé toxique pour protéger le lendemain.
J’ai appris que l’amour vrai ne blesse pas pour exister,
Qu’il n’a pas besoin de cris ni de peur pour rester.
Qu’être un homme, c’est choisir, même quand ça fait mal,
Rompre avec l’habitude pour devenir loyal.
Je me reconstruis par l’étude, la création, la vision,
Un projet plus grand que moi, nourri de réparation.
De l’IA souveraine comme un symbole de contrôle repris,
Parce que reprendre sa vie, c’est déjà gagner sur la nuit.
Chaque ligne que je trace est un pas hors du chaos,
Chaque idée un rappel que je reprends le gouvernail du bateau.
Je transforme le vécu en structure, la douleur en levier,
Je bâtis sur du réel, pas sur des promesses pliées.
Mes cicatrices sont des fondations, pas des chaînes qui serrent,
Elles soutiennent mes choix, même quand le sol se déserre.
Pour mon fils je transmets le vrai, pas des promesses creuses,
Je montre qu’on peut naître cassé et devenir courageux.
Marqué oui, mais en paix, chaque pas devient victoire,
Je trace ma voie sans masque, sans fuir mon histoire.
La vie est un combat, mais je reste là, je résonne,
Ma force est ma fondation, mon destin, c’est la personne que je façonne.