: La lutte et le silence
Couplet 1
Pendant des mois je n’étais plus qu’un souffle court
Un corps qui s’éteint sous les lampes froides
Ma famille cherchait un rai de jour
Dans le jaune profond de mes yeux qui brodent
Ma mère rangeait mes silences au carré
Mon père regardait ailleurs, les dents serrées
Ils voyaient bien que je partais à reculons
Que chaque aube était un abandon.
Pré-refrain
Et mes amis appelaient, leur voix en alerte
« Tiens bon, on est là, on ne lâche pas »
Leur inquiétude était une couverture
Que je portais comme un poids, comme un froid.
Refrain
La cirrhose m’a emporté
Malgré tous mes combats intimes
J’ai tout fait pour la repousser
Mais elle a gagné, elle a gravi
Ma vie comme un arbre mort
Et autour, c’était la souffrance collatérale
Ma famille, mes amis, mon sort
Et ce goût d’échec à l’hôpital.
Couplet 2
J’ai suivi les traitements jusqu’au bout du jour
Bu l’eau pâle au lieu du vin rouge
J’ai compté les espoirs, fait le tour
De ces chimies qui n’étaient que des gouges
Je voulais croire aux promesses des docteurs
Aux lits refaits pour un nouveau combat
Mais la fatigue en moi, comme une sœur
Murmurait « trop tard, trop tard, tout s’en va ».
Pont (voix fragile)
Aujourd’hui je pense à eux, à leur regard qui tombe
À ma mère qui pleure en rangeant ma chambre
À ce pote qui garde un dernier message dans sa tombe numérique
La cirrhose a pris ma vie, mais elle a fracturé les leurs
C’est une guerre où les blessures ne sont pas que pour le cœur
J’ai essayé, vous savez, j’ai essayé
Mais le corps n’écoutait plus, il voulait juste se reposer.
Dernier refrain
La cirrhose m’a emporté
Au bout de mois de résistance
J’ai tant voulu rester
Pour vos sourires, pour votre présence
Mais elle a gagné sur ma vie
Et je pars avec le regret immense
D’avoir laissé derrière, meurtris,
Ceux que j’aimais dans l’insistance.
Outro (parlé, comme un souffle)
J’ai tout fait. Vraiment tout.
Mais cette maladie ne négocie pas.
Merci d’avoir été là, merci d’avoir eu peur pour moi.
Maintenant, c’est juste un silence… et mon prénom qui flotte.