*[Couplet 1 – Homme]**
Je suis descendu du train les jambes encore lourdes,
Paris brillait sous le soleil de ce soir de Mai, chaud,
Maman sur le seuil, elle était contente de me voir
Elle m'a serré contre elle, très fort, très longtemps.
J'avais oublié ce que ça faisait, d'être tenu comme ça,
D'être quelqu'un pour quelqu'un, d'exister dans un regard.
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**[Couplet 2 – Femme]**
Tu avais le teint un peu jaune, tu essayais de le cacher,
Mais j'ai vu ta fatigue, j'ai vu que tu avais peur.
On a marché le long de la Seine sans trop parler,
Parfois le silence dit ce que les mots ne peuvent pas.
Ton rire, quand il revenait, ressemblait à une victoire,
J'ai compris ce soir-là que tu te battais depuis longtemps, seul.
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**[Refrain – Ensemble]**
Paris, tu nous as rendu quelque chose qu'on avait perdu,
Le goût d'être ensemble, le goût d'y croire encore.
Il repart demain, le ventre gonflé, les yeux un peu jaunes,
Mais il reviendra — vivant — c'est ce qu'on s'est promis.
Cette cirrhose lui vole ses nuits, lui vole sa force,
Mais elle ne lui volera pas sa place parmi nous.
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**[Couplet 3 – Homme]**
De retour en a la maison , je regarde mes mains qui tremblent,
Le miroir me montre un homme que je reconnais à peine.
L'ascite m'a gonflé le ventre comme un tambour tendu,
Plus un bouton ne ferme, plus une nuit sans démangeaisons.
Mon foie lâche, le médecin ne sourit plus en me parlant,
Il dit : *« C'est maintenant qu'il faut décider, mon ami. »*
Je pense à Maman sur ce seuil. Je pense à vous.
C'est pour ça que je n'ai pas le droit d'abandonner.
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**[Couplet 4 – Femme]**
J'ai repeint ta chambre en blanc, je l'ai gardée pour toi,
Parce qu'une chambre vide dans une famille, ça fait trop de bruit.
On a trouvé un médecin, un vrai, qui t'a regardé dans les yeux,
Il a dit qu'avec du courage et du soin, le corps peut encore se battre.
Tu dormiras ici, je serai là au moindre bruit la nuit,
On ne te laissera plus traverser ça seul, jamais plus seul.
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**[Refrain – Ensemble]**
Paris, tu nous as rendu quelque chose qu'on avait perdu,
Le goût d'être ensemble, le goût d'y croire encore.
Il repart le cœur lourd, le corps fatigué,
Mais il reviendra — guéri — c'est ce qu'on s'est juré.
Cette cirrhose lui brûle le sang, lui noie les poumons,
Mais elle ne lui volera pas sa place parmi nous.
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**[Pont – Voix alternées]**
*(Homme)*
Il y a des nuits où je ne sais plus si c'est de la fièvre ou de la peur,
Où le brouillard me prend la tête, où je ne retrouve plus mes mots.
Le sang qui monte là où il ne devrait pas,
Le corps qui trahit avant que l'âme soit prête.
*(Femme)*
Mais tu nous as appelés. Tu n'as pas disparu dans le silence.
Et ça, tu ne sais pas ce que ça nous a coûté de ne pas le voir avant.
*(Ensemble)*
On ne mesure pas ce qu'on a jusqu'à ce qu'on risque de le perdre.
Alors on se bat. Ensemble. Comme une famille qui apprend à l'être.
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**[Solo d'harmonica — lent, douloureux, puis qui se relève]**
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**[Dernier refrain – Acoustique,