Après la route — chanson pour Laurence (version enrichie)
Couplet 1
Depuis ce samedi, j'ai brisé le fil — c'est de ma main,
Mon impatience a fait des pas trop grands sur ton chemin.
J'ai proposé d'emménager chez toi comme on force un horizon,
Maladroitement, sans voir tes marées, sans écouter ton nom.
Pré-refrain
Et ton corps avait ses marées, ses silences et ses nuits,
Pas un mot clinique, seulement des houles, des plis.
J'aurais dû écouter ces vagues avant d'avancer,
Les respecter, attendre — au lieu de te presser.
Refrain
Pardonne-moi, je suis cet homme debout qui trébuche encore,
Je veux réparer le sol, recoudre les bords.
Je ne veux pas t'imposer Ulysse ni mes erreurs, ni mes rires trop forts,
Juste trouver un rythme à nous, un rythme qui nous ressemble, d’accord ?
Couplet 2
Trois jours par semaine, c'était des retours, des départs,
Un éternel recommencement qui creusait nos écarts.
Le bonheur du weekend s'effilochait en appréhension,
On vivait à deux par intermittence, sans vraie discussion.
Et j’ai trop souvent voulu être le centre, la voix qui domine,
Quand toi, tu cherchais seulement un peu d’air, un peu d’intime.
J’aurais dû apprendre à laisser la place, à t’écouter vraiment,
À partager l’espace, à marcher doucement.
Pré-refrain 2
Je regrette Ulysse qui a renversé ton calme,
Mes envies trop pressantes, mes excès qui désarment.
On trouvera des solutions — un coin pour lui, des mots pour nous,
Des silences respectés, des regards qui disent tout.
Refrain
Pardonne-moi, je suis cet homme debout qui trébuche encore,
Je veux réparer le sol, recoudre les bords.
Je ne veux pas t’imposer mes habitudes, ni mes soifs, ni mes décors,
Juste baisser la garde, parler vrai, et tenir nos accords.
Pont
Je ne nie pas mes défauts — égoïsme, verres qui s'empilent,
Cette manie de trop parler, de tourner au centre de la file.
Mais au fond, il y a toi, une présence qui m’habite,
Je t’aime encore — mot simple, lourd, qui s’acharne et s’écrit.
Si la porte reste ouverte, ce n’est pas un caprice,
C’est une main tendue pour réparer mon vice.
Accepter l’autre, avec ses ombres et ses nuits,
Faire un pas chacun, pour que la vie nous conduise.
Refrain final (plus doux)
Pardonne-moi, je suis cet homme debout qui veut apprendre,
Apprendre à attendre, à écouter, à comprendre.
Je ne veux pas te retenir ni te bercer d’un mirage,
Je veux que nos jours s’alignent, doucement, page après page.
Outro
Merci d’avoir marché un bout — merci d’avoir été toi.
Si tu le veux encore, je veux qu’on réapprenne la loi
De deux cœurs qui se choisissent, sans se déposséder,
Que l’on répare, que l’on tienne, que l’on puisse s’aimer.
[Male Vocal]
[Male Vocal]