MANIFESTE D’UN HOMME DEBOUT
Quand soudain, la route trop longtemps fermée s’ouvrira…
celle que les travaux de l’ombre avaient condamnée,
celle que j’ai regardée de loin, sans pouvoir l’emprunter.
Alors, malgré les innombrables obstacles,
malgré les murs invisibles et les silences pesants,
je marcherai à nouveau.
J’ai été privé de bien des choses.
Parfois de tout.
Souvent de presque rien.
De la liberté de respirer,
du droit d’aimer sans peur,
du plaisir d’être moi,
du plaisir d’être avec l’autre.
Des choses simples, des choses vraies.
Et de celles, plus complexes,
qui donnent un sens aux jours et aux nuits.
Durant ces périodes sombres,
j’ai connu le manque,
l’effacement,
la perte de sens.
Mais peut-être…
peut-être qu’un avenir s’accomplira.
Un avenir humble, mais certain.
Un avenir où l’élan renaît,
où l’on va au bout des choses,
non pas seul,
mais ensemble.
Car si j’en arrive là un jour,
ce ne sera pas en solitaire.
Je le devrai à celles et ceux
qui auront marché près de moi,
qui auront cru,
même quand je n’y croyais plus.
Il y a cette rencontre,
cette fille qui croit en moi,
et en qui je crois.
Peut-être alors
pourrons-nous accomplir de grandes choses,
ou simplement l’essentiel :
partager,
aimer,
construire.
Ce n’est pas un devoir,
ni une contrainte,
ni un rêve aveugle.
C’est un désir lucide :
m’accomplir, dans ce monde imparfait,
ce monde où j’ai tant chuté —
parfois malgré moi,
parfois avec une part de faute.
Mais plus jamais sans conscience.
Aujourd’hui,
je veux que ce terrain vague,
ce no man’s land de l’âme,
devienne une terre fertile.
Qu’il se transforme en chemin,
pas à pas,
sans hâte mais sans retour.
Un chemin vers moi-même.
Un chemin vers les autres.
Un chemin vers la vie.
Je ne souhaite pas devenir le meilleur,
mais simplement être debout,
pleinement homme,
sans orgueil,
sans éclat.
Car je ne suis pas seul à vouloir le bonheur.
Et je ne le veux pas qu’à moi.
Alors je dis merci.
À mon père, ma mère,
à mes sœurs,
aux amis de l’ombre et de la lumière,
merci de m’avoir tenu la main,
même quand je ne tendais plus la mienne.
Cette mélancolie qui m’a hanté,
je ne la nie pas.
Mais je choisis de croire
qu’elle n’est qu’un passage.
Un chapitre, pas une fin.
Et je proclame ici :
toute ouverture vers le bonheur est permise.
[Male Vocal]