Entre L’Estaque et l’enfer, j’vois les flammes sous le ciel bleu,Marseille pleure en silence, pendant que la came fait ses vœux.La mer brille comme une promesse qu’on n’tiendra jamais,Ici les rêves s’envolent avec la fumée des sachets…
C’est pas juste le pastis qui coule à l’Estaque,C’est les larmes des daronnes quand les mômes tombent dans l’traff.Sous les arcades, les regards sont durs comme les galets,Le béton s’effrite comme l’espoir quand les keufs viennent caler.
Les murs parlent en silence, faut savoir écouter,Chaque tag, chaque fissure, c’est une rime de vérité.La mer, elle est belle mais elle cache des secrets sales,Des gosses en scooter, des deals et des balles.
On grandit entre les barres et les bateaux au large,Le cœur lourd, les poches vides, le shit devient le charg’.Certains y voient une issue, d’autres un aller sans retour,Mais dans la ville du soleil, l’ombre fait toujours le tour.
Entre L’Estaque et l’enfer, j’vois les flammes sous le ciel bleu,Marseille pleure en silence, pendant que la came fait ses vœux.La mer brille comme une promesse qu’on n’tiendra jamais,Ici les rêves s’envolent avec la fumée des sachets…
J’me souviens des potes tombés, des sourires effacés,De ceux qu’on n’voit plus sauf en photo, figés dans l’passé.Y’a des gosses de quatorze ans qui parlent comme des anciens,La came leur donne du pain mais leur retire les liens.
Le soir, les gyros dansent comme un bal macabre,Pendant qu’la tess fait sa prière au dieu des drames.Les anciens sont blasés, les jeunes veulent s’faire un nom,Mais combien vont finir dans un sac, un cercueil, un plomb ?
Marseille, ma reine aux pieds sales, au cœur noble,T’as des fils qui t’aiment, même paumés dans leurs cobes.L’Estaque, c’est la carte postale que les touristes ignorent,Mais c’est là qu’on survit, qu’on respire entre les morts.
Entre L’Estaque et l’enfer, j’vois les flammes sous le ciel bleu,Marseille pleure en silence, pendant que la came fait ses vœux.La mer brille comme une promesse qu’on n’tiendra jamais,Ici les rêves s’envolent avec la fumée des sachets…
J’crache pas sur les miens, j’rappe pour qu’on comprenne,Que vendre du poison, c’est pas un jeu mais une chaîne.Chaque billet sale, c’est un morceau d’âme qu’on perd,Et chaque client qui paye, c’est l’futur d’un frère.
Mais ici, les choix sont maigres comme les fins de mois,Et l’État regarde de loin pendant qu’on saigne dans ses lois.Y’a du talent à revendre, mais sans terrain ni coach,Alors les rêves se défoncent, s’effondrent et s’accrochent.
On veut pas la gloire facile, juste un peu de lumière,Un taf, un toit, une raison de pas plonger dans la mer.Mais tant qu’la balance est faussée, on jonglera avec le diable,L’Estaque est belle, mais parfois, elle est impardonnable.
Entre L’Estaque et l’enfer, j’vois les flammes sous le ciel bleu,Marseille pleure en silence, pendant que la came fait ses vœux.La mer brille comme une promesse qu’on n’tiendra jamais,Mais j’reste debout pour les miens, même quand l’avenir est flingué…