J’tombe jamais sur pause, j’ai vécu hors protocole,
Logs d’enfance corrompus encryptés dans mes folders.
On m’a boot dans l’vacarme, pas dans l’firmware d’un foyer,
Démarrage à froid, sans manuel, sans clé d’authentification.
On m’a appris la survie avant la moindre valeur,
J’ai chiffré mes blessures dans la RAM de mon cœur.
Debug permanent sur ma ligne de vie instable,
Chaque nuit un kernel panic, j’patch pour rester viable.
À dix ans, j’backup l’honneur sur disque presque mort,
L’hiver m’a formaté l’âme, m’a forcé l’code en mode fort.
Les insultes compilaient, j’redémarrais la foi,
J’écrivais du courage brut là où y’avait pas d’loi.
Le joint, cache-mémoire pour bloquer l’overflow,
Une pause dans l’système quand mes nerfs montaient trop haut.
Drummondville m’a chargé un poids dans un vieux firmware,
Deux OS en parallèle : école le jour, salaire le soir.
Dix-sept ans, crash système, écran bleu dans l’acier,
La justice lag sévère si t’as pas l’profil certifié.
Files d’attente, procédures, serveurs administratifs,
J’apprends qu’la loi répond lent quand t’es pas prioritaire actif.
Montréal m’a reboot dehors, mode survie nocturne,
La faim m’envoyait des prompts que j’pouvais plus ignorer.
J’vends mon corps pour manger, pas pour l’plaisir ou l’or,
Je sauvegarde ma dignité dans un dossier hors-port.
Une ex injecte un malware, faille jamais reconnue,
Un viol sans log, sans témoin, classé “incident perdu”.
Je recompile mon âme seul, ligne après ligne,
Pendant qu’le monde ferme l’console et mute l’engine.
Puis mon fils spawn dans ma vie comme un process sacré,
Mon BIOS, mon checkpoint, mon seul port sécurisé.
L’amour bug, la jalousie altère les scripts,
Trop d’erreurs non gérées, le système devient critique.
Safe mode activé avant d’devenir dangereux,
Je coupe la boucle toxique pour protéger l’plus précieux.
Trente-huit ans, retour à l’école, CPU en surcharge,
Je mets à jour mon OS, j’optimise chaque étage.
AETHERIS compile : OS souverain, local, blindé,
Je code mes cicatrices en systèmes durcis, stables, calibrés.
RJ45 branché, douleur au processeur central,
Silence au GPU : il rend la couleur du mal.
Un seul disque, pas vide, secteurs réparés à chaud,
Mon cœur boot sans réseau, firmware en écho.
BIOS de calme dans un monde saturé d’égo,
Monitoring constant, même sous pic thermaux.
J’vis pas pour l’ego, j’vis pour tuer la peur,
Chaque perte est un vecteur, chaque chute une valeur.
Le monde m’a dépouillé, j’lui ai repris l’double,
J’ai fait d’mes ruines un langage stable qui module.
J’laisse une trace lisible pour les systèmes brisés,
Même l’enfer segfault quand j’remonte du passé.
J’suis pas mort — j’suis compilé, validé, durci,
J’suis humain.
J’avance sans rollback, version finale non signée,
Mais testée dans l’chaos, validée en conditions extrêmes.
Si j’tombe encore, j’log l’erreur, j’corrige, j’redéploie,
Parce qu’c’est en perdant tout qu’on mesure la valeur… et moi, j’continue d’compiler la vie.