

Prompt / Lyrics
[Intro] Le monde est une tranchée qui n’a jamais été rebouchée. On a juste appris à y marcher droit. [Verse 1] La terre est creusée de lignes, visibles ou mentales, frontières tracées à la pelle, rancunes horizontales. On vit dans la boue jusqu’aux genoux, costume repassé, micro ouvert, voix calme, pendant que ça recommence à trembler. Les rapports tombent comme ordres du jour, risques élevés, tensions, conflits probables, toujours. On les lit à couvert, casque sur les certitudes, comme si les mots pouvaient stopper l’habitude. Chaque guerre locale est annoncée maîtrisée, une balle perdue rangée dans la rubrique nécessité. Mais la tranchée est la même sous tous les drapeaux, et chaque tir fait vibrer le fond jusque dans nos cerveaux. [Chorus] Encore, on s’enfonce sans avancer. Encore, on appelle ça se protéger. On change de camp, jamais de terrain, le monde se fragmente, tranchée contre tranchée, demain. Encore, on s’habitue au bruit des obus, jusqu’à confondre la guerre et la vue. [Verse 2] Les chefs parlent debout, loin de la ligne de feu, ils empilent les doctrines comme sacs de sable heureux. Dissuasion, représailles, intérêts vitaux, des mots lourds comme des bombes larguées sans écho. Ils disent c’est contenu, c’est stratégique, pendant que la peur circule en réseau systémique. La fragmentation du monde, c’est croire qu’on est seuls, que l’explosion s’arrêtera pile à notre seuil. Mais une tranchée ne respecte pas les discours, quand la boue déborde, elle monte toujours. La méfiance devient langue commune, on se parle en soupçons, on s’aime en postures brunes. Et dans les regards, cette fatigue qui murmure : encore, vraiment, encore, combien de fissures. [Verse 3] Les peuples vivent entre deux bombardements, pas encore la guerre, plus vraiment le temps. Un état d’alerte nerveuse, sac prêt sous le lit, au cas où le monde déciderait cette nuit. Les enfants apprennent les noms des missiles, avant ceux des étoiles, c’est devenu utile. On leur dit soyez prêts, jamais réparez, comme si sortir de la tranchée n’était plus envisagé. Les écrans montrent les explosions lointaines, jamais la pression lente qui creuse nos veines. On s’étonne quand ça éclate soudainement, comme si la tranchée n’avait pas été creusée longtemps. [Bridge] Aucune guerre n’est surprise. Elle est répétée. Justifiée. Normalisée. Jusqu’à ce que le mot encore remplace le mot pourquoi. [Chorus] Encore, on s’enfonce sans avancer. Encore, on appelle ça se protéger. On défend nos positions, on oublie l’horizon, le monde se fragmente parce qu’on vit à genoux dans la même tranchée. [Outro] Une tranchée peut être quittée. Comblée. Refermée. Mais si on y reste trop longtemps, on finit par croire que le ciel n’existe plus. Et ça, c’est la vraie défaite.
Tags
Dark martial rap, marching percussion, bass, cinematic pads, tension, raw delivery, Quebec French accent, male vocals
3:50
No
12/24/2025