J’avance en silence, j’fais du bruit quand j’atterris
Leurs plans sont petits, moi j’pense en relief, en galerie
J’ai le regard froid, la vision nette, le geste précis
J’compte plus les détours, j’ai trop roulé pour faire demi-tour ici
J’viens de la dalle où les rêves tiennent sur une batterie
Où l’bitume t’éduque plus vite qu’une longue théorie
J’ai mis la rage en vitrine, la discipline en bijouterie
Chaque échec m’a poli l’âme, maintenant j’brille sans garantie
J’parle peu, j’empile, j’fais monter l’altitude
Ils jouent les durs sur l’écran, moi j’connais l’poids d’l’habitude
C’est pas l’hasard qui m’habille, c’est l’effort et l’amplitude
J’ai transformé mes insomnies en chiffres, en certitudes
Phare allumé dans la nuit, j’trace comme un convoi
J’ai la ville dans le torse et du tonnerre dans la voix
Ils veulent la place, le décor, le respect, le pourquoi
Mais faut payer l’prix du vertige avant d’viser tout là-haut, crois-moi
J’vise loin, très loin, là où l’horizon s’incline
J’fais du sale au millimètre, propre comme une machine
Le mental en titane, les semelles pleines d’benzine
J’fais grimper la pression jusqu’à faire trembler l’usine
Y a du feu dans les lignes, du vécu dans les angles
Des promesses dans la gorge, des fantômes sous les sangles
J’ai vu l’envers du décor, les sourires souples, les mains sales
Maintenant j’fais des tours de force pendant qu’eux font du scandale
J’leur laisse les apparences, j’préfère le fond, les fondations
J’ai construit dans le noir sans mode d’emploi, sans ovation
Chaque mot part comme une lame, chaque phase a sa rotation
Si j’entre dans l’arène, c’est pas pour l’image, c’est pour l’élévation
J’ai plus l’temps d’douter, j’ai rendez-vous avec l’orage
J’fais du futur sur mesure, calibré pour les virages
Ils veulent lire sur mon visage ce que j’cache dans mes bagages
Mais j’ai mis trop d’ciel dans mes rêves pour finir sur leur rivage
Yoko