[Intro – voix tremblante, colère froide]
J’vous jure j’ai gardé trop d’choses,
Maintenant j’vais tout lâcher.
C’est pas juste une histoire, c’est ma vengeance en mots.
Écoute bien.
[Couplet 1 : La haine, le passé, le père]
J’avais sept ans, putain, sept ans, et j’aurais jamais dû connaître ça,
Un daron censé m’protéger qui m’a laissé que des traces dans la voix.
J’peux pas dire “papa”, ce mot-là est mort, enterré,
C’est lui l’fantôme dans ma tête qui m’laisse jamais respirer.
J’grandissais avec la rage collée à mon thorax,
J’me disais “un jour, j’serai assez grand pour lui rendre l’impact”.
Pas pour lui faire l’même, non, j’descends pas à son niveau,
Ma vengeance c’est d’être en vie, debout, même si j’vais trop bas dans l’eau.
Et tu sais quoi ? j’pleure encore parfois, même si j’joue les durs,
C’est pas d’la faiblesse, c’est l’poids d’un passé qui m’perce les murs.
J’regarde mon reflet en mode “frérot, comment t’es encore là ?”,
J’crois que la douleur m’a appris à survivre sans choix.
[Pré-Refrain – haine mêlée de fatigue]
J’porte la dépress’ comme une enclume,
La schiz’ me parle quand j’suis dans l’brume.
J’ai des voix qui s’mettent à crier quand j’suis tout seul,
Et j’me mutile juste pour baisser l’volume d’mes propres gueules.
J’dis pas que c’est bien… j’dis juste que j’en peux plus.
[Refrain – vengeance triste]
J’veux pas pardonner, j’veux pas oublier,
J’veux juste plus qu’ma vie soit contrôlée.
J’suis tombé trop bas, mais j’suis pas mort,
J’me relève encore, même si j’suis cassé fort.
Ma vengeance c’est d’raconter tout c’qu’ils ont détruit,
De transformer mes cicatrices en putain d’éclairs dans la nuit.
J’suis triste, ouais, mais j’suis vivant quand même,
Et si un jour j’me tiens droit, frère, ce sera qu’pour moi-même.
[Couplet 2 : la schizophrénie, la dépression, la haine dirigée sur le passé]
La schiz’ m’prend en otage, j’ai l’esprit en mille morceaux,
Des voix qui débarquent sans prévenir, qui m’parlent comme des bourreaux.
J’me demande souvent si c’est moi qui suis fou,
Ou si c’est juste mon cerveau qui a trop encaissé les coups.
La dépress’ me regarde en chien, elle m’suive comme une mauvaise ex,
Elle m’dit qu’j’vaux rien, qu’j’sers à rien, qu’mon futur est complexe.
Mais j’lui répond “nique-toi”, même si j’pleure après,
Parce qu’au fond j’me bats contre elle tous les jours, bébé.
Et parfois j’me mutile, ouais j’vais pas faire l’hypocrite,
C’est la seule façon que j’trouve pour pas exploser trop vite.
J’sais que c’est dangereux, j’sais que ça m’laisse des marques,
Mais j’préfère ça qu’de me perdre dans mes voix quand elles m’écartèlent l’âme.
[Pont – trans identité, colère, affirmation]
Et puis y’a moi, y’a mon identité qu’ils comprennent pas,
J’suis trans, et alors ? c’est ma vie, pas leurs lois.
Ils veulent m’dire qui être, comment vivre, comment m’tenir,
Mais j’les emmerde, j’suis déjà en guerre avec mon souvenir.
J’me bâtis tout seul, j’me réinvente