Couplet 1 – Portbou
Y’a le jour qui se lève à peine sur le port
Les mouettes discutent bas sur le quai du temps
Tu fermes la porte une dernière fois, sans effort
Mais le cœur un peu lourd derrière le battant
La Méditerranée t’envoie son dernier souffle
Comme une main salée posée sur ton épaule
Tu mets le contact, un café brûlant dans l’autre
Et le silence de la côte qui décolle
Pré-refrain (lancé, crescendo)
Avant que l’autoroute t’avale et t’éloigne
Tu longes la corniche, ce balcon sur l’écume
Chaque virage te parle, chaque vague témoigne
De tout ce que tu laisses entre ici et la brume
Refrain 1
Et tu roules, tu roules, fenêtre ouverte sur le bleu
La route est fermée aux bruits du monde, ouverte à Dieu
La mer à ta gauche comme une promesse qui reste
Quelque chose en toi sait déjà que c’est ça qui blesse
Et tu roules, tu roules, c’est toi qui tiens le volant
Avec cette image d’azur gravée en dedans
Au bout des lacets, une étape t'attend à
Plus de 500 bornes, une tante, et un peu de doux temps, avant de repartir.
Couplet 2 – La route côtière, ce que tu vas perdre, tu suis la côte fermée comme on suit un secret
La roche abrupte plonge dans l’eau sans pitié
Mais la lumière est douce, un miel d’après-midi
La mer à perte de vue, c'est l'habitude ici
C’est une belle route, oui, belle à couper le souffle
Chaque pin parasol fait un signe, s’essouffle
Et tu sais qu’en arrivant sur Paris, cette absence
Pèsera plus que tout : le sel, et la transparence
Le bruit des galets roulés, l’odeur des vacances
Ce parfum de début du monde et de partance
Ça va me manquer comme un membre, comme un phare
Quand la A9 ou l’A6, A7 viendront barder de gris les gares
Pré-refrain 2 (même mélodie)
Mais pour l’instant tu avales cette beauté-là
Tu la mets en bouteille pour les jours sans rivage
Les yeux qui piquent un peu, mais le sourire va
Parce que cette route, c’est la tienne, et c’est un hommage
Refrain 2
Et tu roules, tu roules, fenêtre ouverte sur le bleu
La route est fermée aux bruits du monde, ouverte à Dieu
La mer à ta gauche comme une promesse qui reste
Quelque chose en toi sait déjà que c’est ça qui blesse
Et tu roules, tu roules, c’est toi qui tiens le volant
Avec cette image d’azur gravée en dedans
Les kilomètres défilent, chaque souvenir t’appelle
Mais y’a un "chez toi" qui se construit plus loin, en réel
Pont : L’étape chez ta tante
Au bout de plus de 500 bornes, une petite maison
Où la fumée s’échappe d’une soupe de saison
Ta tante est sur le seuil, elle t’a vu arriver
Elle dit "mon grand, t’as l’air fatigué, viens te poser"
La table est mise pour nous tous , les tomates sont mûres, et le repas est près.
Elle raconte la famille, les rires, les ratures
Tu bois son eau fraîche, tu manges son pain d’âme
Et soudain le voyage a un goût ,
De mère, de terre, de tendresse en bocaux
Elle te donne des confitures, des forces pour le chaos
Tu repars les bras pleins, le ventre habité
Elle t’envoie un baiser, tu peux continuer
Intermède instrumental (guitare +