NÉ DANS LA CENDRE
[Intro]
J’suis pas né pour sourire sur des photos.
J’suis né dans la poussière, dans les cris, dans les portes qui claquent.
Y a des mecs qui racontent la rue,
moi j’te raconte le moment où l’âme devient noire.
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[Couplet 1]
J’ai pas grandi dans l’amour, j’ai grandi dans l’alarme,
dans les nuits qui sentent la poudre, les pleurs, la fin, le vacarme.
J’étais qu’un gosse mais j’avais déjà l’hiver dans les yeux,
j’ai vu le monde s’écrouler avant même d’apprendre à parler à Dieu.
Le sol tremblait, les mères criaient, le ciel pissait le feu,
les murs tombaient comme les hommes, et le silence devenait dangereux.
J’ai compris tôt que la vie n’avait rien d’une mère,
c’est une pute qui t’caresse d’une main puis qui t’plante d’l’autre en pleine chair.
J’ai perdu plus qu’un pilier, j’ai perdu l’air dans mes poumons,
depuis j’traîne une tombe dans le ventre et des fantômes dans le front.
Le manque m’a niqué le cœur, la rage m’a appris à tenir,
j’ai enterré l’enfant en moi pour laisser un autre avenir.
On m’a pas élevé avec des conseils, on m’a dressé à survivre,
à garder la mâchoire serrée, à laisser la haine me conduire.
Y avait pas de lumière, y avait des cendres sur la peau,
et cette impression d’être déjà mort alors que j’étais encore trop tôt.
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[Refrain]
J’suis né dans la cendre, le cœur sous verrou,
j’ai du sang dans la mémoire et la rage jusqu’au cou.
J’viens d’un monde où les faibles finissent sous les gravats,
où la douleur te fait grandir et la peur te laisse pas le choix.
J’ai l’âme en guerre, les nerfs dans le béton,
la haine en silence, les souvenirs comme des plombs.
J’suis pas devenu froid pour faire le voyou,
j’suis devenu froid parce que la vie m’a mordu partout.
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[Couplet 2]
Après fallait disparaître, avaler l’exil comme une balle,
laisser derrière les ruines, marcher droit même avec le cœur bancal.
Sans papiers, sans nom, sans droit, juste une gueule fatiguée,
à vivre comme une ombre, à respirer doucement pour pas se faire remarquer.
J’ai connu les nuits où t’écoutes chaque bruit comme une menace,
où chaque sirène t’arrache le souffle, où chaque regard te met une trace.
Tu dors d’un œil, tu manges mal, tu comptes les heures comme un détenu,
tu souris devant les gens pendant qu’à l’intérieur t’es déjà foutu.
J’ai vu la vraie gueule des hommes quand t’as rien dans les mains,
quand t’es seul, qu’t’as pas d’papier, pas d’statut, pas d’chemin.
Ça te parle comme à un chien, ça te jauge comme une marchandise,
ça veut ton silence, ton dos, ta fatigue, et que tu remercies en plus avec le sourire.
Mais j’avais déjà la mort collée au cœur depuis trop d’années,
donc leur mépris de merde pouvait pas me terminer.
J’ai serré les poings plus fort, j’ai laissé la colère grandir,
quand t’as plus rien à perdre, même l’enfer vient réfléchir.
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[Pont]
J’ai plus peur du noir, j’ai grandi dedans.
J’ai plus peur des hommes, j’ai vu c’qu’ils valent quand t’as plus d’sang.
J’ai plus peur d’crever, j’ai déjà enterré la moitié