Ouais c’pas un duel c’est une entrevue
Moi face à moi dans un miroir nu
J’ai pas perdu j’ai pas vaincu j’ai juste vu
mon cœur en apnée ancienne mon âme en silence dû
J’ai longtemps cru que tenir droit voulait dire encaisser
plier sans bruit sourire propre surtout pas dépasser
J’ai confondu l’amour avec l’effort de disparaître
être acceptable être calme être simple à connaître
J’ai appris à me taire avant parler
à lire les non-dits pour pas déranger
J’me faisais minuscule pour garder l’amour
comme si être moi c’était toujours trop lourd
J’ai grandi trop vite j’ai ri sans jouer
j’ai porté des “ça va” pour pas m’écrouler
Quand ça hurlait dedans j’disais “normal”
mais j’traînais des orages en costume social
Chaque regard pesait comme un verdict muet
j’appelais ça la vie c’était juste survivre en secret
— Est-ce que j’ai le droit d’exister
— Ouais t’as eu le droit même quand on t’a nié
— Est-ce que j’peux arrêter d’avoir peur d’aimer
— On va marcher ensemble sans se désintégrer
— Si j’tombe dans moi tu restes à côté
— J’te garde dans moi comme une lumière stabilité
— Et si je suis trop trop sensible trop vrai
— Alors j’apprendrai à rester pas à te corriger
J’te vois maintenant j’fais plus semblant
j’sais que t’as survécu comme t’as pu tremblant
T’as pris des coups perdus pas destinés
et t’as cru que l’erreur c’était ta vérité
Mais regarde je suis toi version debout
failles au grand jour mais moins de verrous
J’ai compris que l’amour c’est pas disparaître
que poser des limites c’est apprendre à renaître
Dire “stop” sans haine “reste” sans chaîne
sortir du cycle violence sans devenir la même
J’ai arrêté de mendier des preuves d’affection
j’ai compris que la paix commence par une décision
Y’a du ciment dans mes veines quand la voix monte
mon sourire se fige comme une porte honte
Je redeviens petit dans un couloir étroit
j’attends la sentence d’un regard qui s’en va
Chaque haussement de ton réveille l’ancien décor
les murs se rapprochent j’oublie que j’ai un corps
Mais je m’assois avec toi au centre du tremblement
je laisse passer la vague sans fuir le mouvement
“Tu n’es pas un problème t’es un message ancien”
T’as crié pour survivre j’te réponds je viens
J’te choisis quand t’as peur quand tu doutes fort
quand t’aimes vrai trop entier malgré les torts
J’te promets pas une vie toujours parfaite
mais une présence lucide honnête qui ne se déserte
Quand tu trembles j’te tiens la main sans théâtre
on n’est plus en survie on apprend à se battre
pas contre le monde mais contre la fuite
pas pour gagner mais pour rester en suite
Je reste quand ça serre quand ça déborde quand ça casse
j’arrête de fuir l’émotion j’apprends à lui faire face
Je remets mon passé dans une boîte claire
pas pour l’oublier non pour le voir faire
Je bénis mes cicatrices pédagogiques
elles m’ont rendu plus vrai moins automatique
Elles ont tracé le seuil entre l’hier et le mieux
aujourd’hui je me choisis entier vivant courageux