Mmh… Pleine-brume, Pleine-Foug’, dos au Mont…
[Refrain]
J’pars du granit vers les néons, battement d’aile entre deux gares,
Le TER c’est mon vaisseau, j’fuis l’sel et l’chouchen pour l’smoke du boulevard.
J’garde l’cœur en veille, lame pliée dans un hoodie noir ;
J’promets de pas vendre mon ciel à la ville qui renomme nos départs.
[Couple 1]
Fils des haies d’ajoncs, vélos rouillés, sacs Eastpak, crachin salé ;
On rêvait d’Tokyo sur l’écran fendu du Snack 56 les soirs d’orage.
Pendant qu’les grands jouaient pirates sur Snap, écope à billets,
Moi j’poinçonnais l’horizon : « prochain arrêt – destin », sur un ticket TER.
Cours d’anglais: je traçais des kanjis, l’prof captait qu’l’accent venait d’loin,
Mais mes R roulés gardaient l’odeur des galets, j’les portais comme un sign.
Premiers salaires : pizzas, pluie, casque ouvert sur Radio Rail,
Chaque boîte fumante planquait un chapitre où l’‘shōnen’ devient détail.
[Pré-hook – chuchoté]
Si les gyro’s mangent le ciel, j’me planque sur la fréquence des mouettes ;
Promets-moi que demain n’éteint pas le phare qu’on s’jette.
[Refrain]
J’pars du granit vers les néons, battement d’aile entre deux gares,
Le TER c’est mon vaisseau, j’fuis l’sel et l’chouchen pour l’smoke du boulevard.
J’garde l’cœur en veille, lame pliée dans un hoodie noir ;
J’promets de pas vendre mon ciel à la ville qui renomme nos départs.
[Couple 2]
Rennes me parle en twin-hats, Paris m’foudroie d’écrans géants,
J’apprends qu’l’asphalte avale les rêves plus vite qu’la marée monte au Couesnon.
Les potes d’ici swipent des deals ; j’vois l’sang courir sous le bitume,
Alors j’garde un parchemin d’espoir, roulé dans la doublure du costume.
Une fille aux yeux lilas lit un tome usé dans l’TER de nuit,
Elle dit : « On survit mieux à deux », j’réponds d’un sourire Guts sous pluie.
Sur le toit d’Montparnasse on écrit « Libre » avec la fumée d’un blunt,
Sous nos baskets, les phares défilent, lâchant des comètes qu’on affronte.
[Pont – voix claire sur accords mineurs]
Si l’aube coûte cher, on paiera en kilomètres ;
Le chakra d’la côte-Ouest, c’est l’souffle qui rature nos défaites.
[Refrain]
J’pars du granit vers les néons, battement d’aile entre deux gares,
Le TER c’est mon vaisseau, j’fuis l’sel et l’chouchen pour l’smoke du boulevard.
J’garde l’cœur en veille, lame pliée dans un hoodie noir ;
J’promets de pas vendre mon ciel à la ville qui renomme nos départs.
[Couple 3]
Studio-mansarde, mousse au mur, j’presse REC quand l’orage grogne ;
Mes 16 mesures, c’est des marées : la rime quitte le port, revient, cogne.
Les p’tits collent l’oreille à la porte, j’vois leur pupille en feu neuf :
Le même éclat qu’enfant, quand j’croyais voler en survêt’ trempe-neuf.
J’leur dis : « Laissez pas les écrans tracer vos trajectoires,
Chaque faille est un cercle d’invocation – élargissez le couloir. »
Ils hochent, repartent dribbler la misère entre deux parkings,
J’signe la barre, tampon : « Homme libre, racines », Mont & Banlieue gravés en ligne.