Oui, ce slam est pour tous, professeur, au Sahel. Écoutez, comprenez, écoutez et voyez, écoutez et soyez les rûlés. Au kaya, ville d'attente, ville d'espoir, où les convois militaires dictent nos soirs, une terre de poussière, une terre de défi, où chaque levée de soleil annonce des vies meurtries. Professeur Stoïque, cœur vaillant, attendant l'escorte, le regard brûlant, parfois tremblant mais jamais a genou, debout face à l'adversité fière et résolue. Zone rouge terre d'incertitude, où l'on enseigne malgré l'inquiétude, là où le carburant manque l'électricité fuit et chaque goutte d'eau devient trésor en fruit. Les routes sont désertes, les rues garmefiantes, les rumeurs succulent, l'air devient pesant, mais dans nos classes, malgré ce chaos, nous cultivons l'espoir, nous sémons les mots. C'est un trente, l'heure des cours décalée, la fraîcheur matinale, une alliée éphémère, la chaleur torride, un supplice en journée, mais l'enseignement reste notre destinée. Oh, les tableaux cris, ce sont nos crées fatiguées, les cahiers sont tasses, les devoirs corrigés, chaque formule expliquée, chaque poème appris devient un bouclier contre le bruit et l'oubli. La peur rôde parfois dans nos couloirs, mais l'éducation reste notre phare. Nous avançons ensemble en résistant, car chaque élève est un rêve naissant. Malgré les obstacles, les défis sont fins, nos élèves brillent, leur avenir prend fin, des résultats éclatant une fierté immense, le fruit de nos efforts, une douce récompense. Oh, chaque sourire arrachée, chaque progrès gagné, nous rappelle pourquoi nous refusons d'abandonner dans ces zones oubliées où l'espoir vacille, nous sommes des lumières pour chaque famille. Et au bout du tunnel, une lueur qui grandit, l'espoir d'un avenir meilleur enfin accompli, professeur héroïque, gardien de savoir, vous portez l'avenir dans vos regards. Votre courage est immense, votre foi indomptable, votre dévouement, une source inépuisable, zone rouge ou pas, rien ne vous arrête, car vous êtes les héros d'une lutte discrète. Oh oui, Kaya fada , dori ou djiboo, déserté, vous marchez en silence, mais votre force est gravée dans le cœur de ces jeunes qui demain, à leur tour, porteront haut vos laissons d'amour. Vous êtes plus que des profs, vous êtes des piliers, des bâtisseurs de paix, des guerriers oubliés. Chaque jour que vous donnez à cette noble mission, rapproche l'urgence d'une douce révolution. Alors, débout professeur, porteur d'espérance, car au-delà des zones rouges, il y a la résilience. Et un jour viendra où, dans chaque région, vos sacrifices fleuriront en mille ambitions. C'était là, la voix de M. Ouedraogo Itamar, l'artiste qui confirme la voix de l'Afrique, la voix de ses professeurs du Sahel, la voix des professeurs, la voix des sans-voix. Dieu vous remercie.