À toi mon ami qui voulais dire enfance
Oui c’est toi le couteau dans cette plaie
Qui lance
Cette lente mais douce agonie
Ne demeure à présent que le bruit du silence
Et des fragments de souvenirs qui pansent
Des plaies endormies
Je les entends les gamins qui rient dans les cours
Eux ils savent bien que rien n’est plus lourd
Que l’absence d’un bon copain
Comme la haine ne peut se passer de l’amour
Comme la nuit ne peut exister sans le jour
Comme le jour, cherche demain
Tu m’as oublié
Et mon cœur s’en est gelé
Et je n’ai que le soleil
De l’hiver pour le réchauffer
À toi mon amour qui signifiait toujours
Celui qui n’veut rien entendre, non ne sera jamais sourd
À l’heure où je t’écris,
Tu demeures au lointain de funestes horizons
De point de non-retour, et de non guérison
De Nemo, de l’infini
On aurait pu s’aimer à devenir fou
A défaut de se finir à devenir nous
Cette promesse, de l’éternel
Que le printemps accouche d’un éternel été
Comme une femme accoucherait d’un ange adulé
Par son père sentinelle
Tu m’as oublié
Et mon cœur s’en est consumé
Et je n’ai que les plantes vertes
Oui c’est vrai, à qui parler
Ou va-t-on maintenant que la messe est dite
Moi mes dates ne sont que des rides qui m’invitent
Et m’embrassent au premier soir
Vous avez décidé de tracer vos chemins Les sièges vides et rouillés que vous incarnez si bien
Ceux là, où je peux y voir
Que vous m’avez oublié
Et mon manège fou a cessé de tourner
L’absence des vivants a trop pesée
Sur mon pauvre carrousel désolé
Et tu m’as oublié.