(Intro — voix lente, écho profond)
On avance…
Sans écouter…
Sans sentir…
La terre… sous nos pieds…
(Couplet 1)
On vit sous néons, déconnectés du ciel
On connaît les pixels, mais plus le réel
Le chant des oiseaux remplacé par du bruit
Des villes qui respirent mal, même en pleine nuit
On court après le temps qu’on a nous-mêmes créé
Des montres aux poignets mais plus rien à compter
On parle de croissance, de chiffres et de gains
Mais on perd chaque jour un peu plus du lien
On empile le béton comme on cache une faute
On recouvre la vie comme on ferme une porte
Racines arrachées pour dresser des tours
Mais aucun gratte-ciel remplacera l’amour
(Refrain — dub, répétitif, profond)
Sous le béton… la terre respire encore
(respire encore… encore…)
Mais on l’oublie… un peu plus fort
(plus fort… plus fort…)
Sous nos pas… y’a la mémoire du monde
(du monde… du monde…)
Mais on l’efface… seconde après seconde
(Couplet 2)
On veut plier les saisons à nos calendriers
Forcer le naturel à nous ressembler
On met des prix sur l’eau, sur l’air, sur le vivant
Comme si tout ça nous appartenait vraiment
Les rivières murmurent mais leurs voix s’effacent
Les forêts tombent sans faire de fracas
On parle d’écologie comme d’un mot tendance
Mais rarement comme d’une vraie urgence
On vit hors-sol, loin de nos racines
À consommer la terre comme une machine
Mais la machine fatigue, elle montre des signes
Et nous on détourne les yeux, on continue la routine
(Pont — échos, fragments dub)
Respect… respect… disparu
(disparu… disparu…)
Nature… nature… vendue
(vendue… vendue…)
On prend… on prend… sans jamais rendre
(sans rendre… sans rendre…)
(Couplet 3)
On a troqué le vivant pour du confort rapide
Des vies sous tension, des rythmes trop rigides
On oublie qu’on est fait de la même matière
Que la poussière des étoiles… que la boue sous nos pierres
Y’a quelque chose en nous qui se souvient encore
D’un monde sans murs, sans cadenas, sans or
Un instinct ancien, presque effacé
Qui nous murmure doucement de ralentir, respirer
La terre donne tout sans jamais parler
Elle nourrit, elle porte sans rien réclamer
Mais nous on piétine, on exploite, on déracine
Comme si demain n’était qu’une simple routine
(Refrain — plus intense)
Sous le béton… la terre respire encore
(respire encore… encore…)
Mais on l’étouffe… un peu plus fort
(plus fort… plus fort…)
Sous nos pas… y’a la mémoire du monde
(du monde… du monde…)
Mais on l’efface… seconde après seconde
(Outro — très lent, échos profonds)
Un jour… le silence parlera plus fort
Plus d’écrans… plus de décor
Et là… peut-être… on comprendra
Que tout c’qu’on avait…
C’était déjà là…
Sous nos pieds…