[Couplet 1]
J’ai grandi loin des contes de fée, le bitume m’a bercé,
Les anciens disaient “méfie-toi”, j’ai appris à encaisser.
On t’sourit pour mieux t’piquer, les faux-frères ça pullule,
Ici ça parle d’amitié, mais ça rêve que tu recules.
Chaque pas, c’est un combat, j’ai la haine sous la peau,
La misère m’a fait soldat, j’ai jamais compté sur les faux.
Loyal jusqu’au sang, mais la rue c’est la jungle,
Quand t’crois trouver un frère, il finit par t’planter l’couteau.
[Refrain]
J’ai plus confiance, le cœur s’est glacé,
On vit dans l’ombre, les larmes effacées.
Le danger m’attend au coin d’la ruelle,
J’me méfie d’l’amour, il est jamais fidèle.
[Couplet 2]
La nuit j’entends les sirènes, ça résonne dans ma tête,
Les keufs veulent nous serrer, la galère veut qu’on cède.
Ici personne t’attend, si tu tombes t’es seul,
Les murs ont des oreilles, les regards te veulent du mal.
J’rêvais d’soleil, mais la rue donne que du béton,
On court après les billets, mais l’bonheur reste introuvable.
Des frères sont tombés, d’autres ont vendu leurs âmes,
Y’a que la dalle et la hess qui rappellent d’où on vient.
[Pont]
On t’parle de loyauté, mais c’est qu’dans les discours,
Dans les faits, ça t’efface pour deux liasses en un jour.
J’garde mes démons près, mais mes rêves loin des hommes,
Car dans la rue y’a qu’les traîtres qui s’en sortent indemnes.
[Refrain]
J’ai plus confiance, le cœur s’est glacé,
On vit dans l’ombre, les larmes effacées.
Le danger m’attend au coin d’la ruelle,
J’me méfie d’l’amour, il est jamais fidèle.
[Outro]
Et si demain j’pars, retiens qu’j’étais vrai,
Pas d’costume, pas d’masque, j’me suis jamais camouflé.
La rue m’a fait froid, mais elle m’a forgé l’esprit,
J’serai qu’un écho dans la nuit, mais j’aurai dit c’que j’vis.