L’amour arrive comme un feu impossible à ignorer. Il s’avance avec chaleur et lumière, avec des mains qui cherchent à caresser là où je me suis barricadée. Il promet de réchauffer mais il brûle tout autant. Je sens chaque souffle frôler ma peau, chaque regard glisser contre mes murs, chaque geste pénétrer sans permission et pourtant je ne peux pas détourner le désir qui pulse en moi. L’amour me touche et m’ébranle, me fait trembler et hurler à la fois.
Alors le chaos se déchaîne à l’intérieur. Le désir et la colère s’entrechoquent, la tension devient un torrent. Mes pensées s’enflamment et se percutent, mon cœur bat comme un tambour sauvage. Chaque caresse que je devine, chaque souffle trop proche fait trembler les barreaux de ma cage. Le plaisir se mêle à la rage, la sensualité devient un brasier qui menace d’ouvrir mes murs et de faire éclater ce que je croyais retenir. Je brûle et je me protège, je frissonne et je résiste, incapable de séparer ce qui attire de ce qui détruit.
Au fond de ce tumulte il y a la cage. Ma cage. Ses barreaux sont ma colère et ma survie, mais autour d’eux vibrent les caresses que je refuse et que je désire à la fois. Chaque effleurement qui la frôle allume des feux que je n’ai pas voulu, chaque mot susurré aux parois fait frissonner le métal de mes défenses. C’est un endroit interdit et sacré, une prison qui brûle mais qui vibre sous le désir, une chambre en flammes que je protège contre l’envahissement tout en sentant l’appel de ce qui pourrait la faire vaciller.
Je la serre contre moi comme une amante et un rempart. Les autres approchent, attirés par la chaleur et le chaos, croyant offrir de l’amour ou du plaisir, mais souvent ils secouent ce que je tiens trop précieusement. Je frémis sous leur désir et je me raidis sous leur insistance. Peut-être qu’un jour quelqu’un saura se glisser jusqu’à ma cage avec patience et respect, avec un souffle qui n’abîme pas et une sensualité qui soigne plutôt qu’elle ne blesse. Mais pour l’instant, je garde ma cage, ma rage, mon désir, mon chaos, intacte, parce que tout ce que je suis y brûle, et je refuse de laisser qui que ce soit l’éteindre ou l’ouvrir sans ma permission.