J’marche seul dans la ville, j’fais plus confiance à personne.
Les murs connaissent mes secrets, les lampadaires mes couronnes.
On a grandi dans le froid, le cœur abîmé par l’orage,
On prenait des coups sans parler, on rêvait d’quitter la cage.
J’ai vu des frères devenir des ombres,
J’ai vu la lune éclairer des mensonges.
J’ai compris tôt qu’faut être fort,
Même quand l’avenir t’repond pas.
Les faux sourires, j’les vois d’loin,
J’lis mieux les intentions qu’les lois.
On m’a dit “fais gaffe à l’amitié”,
J’ai vu des mains tendues pour mieux me voler.
J’suis monté solo, par fierté,
Parce qu’au fond la rue t’laisse pas d’pitié.
J’me parle à moi-même dans le rétro,
J’me dis “tiens bon, même si c’est trop”.
J’avance droit même sous la pluie,
J’ai connu pire, j’me suis relevé mille fois.
Les nuits m’serrent le cœur, mais j’fais avec,
J’cache mes failles derrière un sourire en miette.
J’ai croisé la misère, elle connaît mon prénom,
J’la regarde sans peur, j’la traite comme un démon.
La vie m’a giflé sans prévenir,
J’lui ai répondu sans fuir.
J’ai enterré mes regrets dans l’bitume,
J’ai gravé mes rêves dans la brume.
J’roule tard, j’cherche la paix,
J’trouve que des souvenirs blessés.
Mais j’continue, c’est ma manière d’prier,
D’prouver qu’j’suis né pour avancer.
J’ai l’âme lourde mais les pas solides,
J’ai vu la douleur écrire mes rides.
Si demain j’disparais dans l’ombre,
J’veux qu’on dise que j’ai tenu sous les bombes.
J’suis pas un ange, j’suis pas un roi,
J’suis qu’un homme qui fait c’qu’il peut avec c’qu’il a.
Et même si l’monde m’prend tout,
J’laisserai jamais tomber mes valeurs, jamais à genoux.