(Parlé, grave, lent)
Ouais...
Encore un frère parti trop tôt...
La rue t’prend tout, elle te rend rien.
Petit voulait s’en sortir, mais la rue l’a bloqué,
Premiers billets sales, premiers keufs qui l’ont toqué.
Il a grandi dans les flammes, pas d’issue, pas d’porte,
La vie c’est un labyrinthe, chaque virage est une mort.
Trop d’blessures sur le cœur, il a plus d’âme,
Il sourit devant les siens, mais derrière c’est du drame.
Les traîtres veulent sa chute, ils frappent dans l’ombre,
Trop d’parano dans l’cerveau, il dort plus sans l’ombre.
La rue c'est pas une vie, t’apprends trop tard,
Soit t'es en taule, soit t’es six pieds sous terre.
Les frères tombent, les mères pleurent, c’est un cauchemar,
Mais personne n’écoute, la rue n’a pas de cœur.
J’les vois tourner autour comme des vautours,
J’les vois sourire mais au fond c’est des détours.
Ils veulent ma peau, ils veulent mon sang,
Mais j’vais pas finir sous un drap blanc.
Les potes d’enfance sont devenus des fantômes,
Certains au cimetière, d’autres au mitard dans la taule.
On voulait juste vivre, voir nos mères sourire,
Mais ici la rue choisit qui doit mourir.
Regarde autour de toi...
Combien sont partis, combien sont tombés ?
Y’a pas d’amour ici, que la loi de la rue...
La rue c'est pas une vie, t’apprends trop tard,
Soit t'es en taule, soit t’es six pieds sous terre.
Les frères tombent, les mères pleurent, c’est un cauchemar,
Mais personne n’écoute, la rue n’a pas de cœur.
Tu crois que la rue t’aime... ?
Mais la rue t’utilise...
Elle prend ton âme, et elle t’enterre...
Fin de l’histoire.