L’Afrique n’est pas née dans les livres des conquérants.
Elle est née avant les cartes,
Avant les frontières tracées à la règle sur des tables étrangères,
Avant que les océans portent les navires de l’esclavage.
Elle est la première mémoire du monde.
Le premier souffle de l’humanité.
Le premier tambour ayant appris au cœur humain
Que vivre… est déjà une révolution.
Ô Afrique…
Ils ont pris ton or,
Mais ils n’ont jamais compris ta lumière.
Ils ont volé tes terres,
Mais ils n’ont jamais pu enchaîner ton esprit.
Car dans chaque siècle
Tu fis naître des hommes et des femmes
Qui marchaient non pour eux-mêmes,
Mais pour la dignité d’un continent entier.
Soundiata Keïta comprit déjà
Que la vraie puissance n’est pas dans le fer,
Mais dans l’unité des peuples.
Mansa Moussa montra au monde
Qu’un Africain pouvait illuminer les routes du savoir
Pendant que d’autres vivaient encore dans l’obscurité des guerres.
Shaka Zulu transforma la peur en discipline,
Et la discipline en nation.
Nzinga Mbande enseigna
Qu’une femme africaine pouvait tenir tête aux empires
Avec pour seule couronne : le courage.
Puis vinrent les siècles du sang.
Les chaînes parlèrent plus fort que les tambours.
L’homme noir fut vendu, déplacé, humilié,
Comme si Dieu lui-même avait oublié son visage.
Mais même dans la nuit,
Des étoiles refusèrent de tomber.
Samory Touré brûla ses propres terres
Plutôt que d’offrir son âme à la colonisation.
Abdelkader ibn Muhieddine transforma la foi en résistance.
Yaa Asantewaa rappela au monde
Que lorsqu’un peuple oublie sa dignité,
Ce sont parfois les femmes qui réveillent les hommes.
Menelik II et Taytu Betul
Firent d’Adoua un message éternel :
“Aucun peuple n’est destiné à être esclave.”
Puis naquirent les prophètes de la conscience africaine.
Marcus Garvey déclara :
“Un peuple sans mémoire est un arbre sans racines.”
Frantz Fanon révéla
Que la colonisation ne vole pas seulement les terres,
Elle tente aussi de coloniser l’esprit.
Patrice Lumumba parla avec une vérité
Si puissante
Qu’elle effraya les empires plus que les armes.
Kwame Nkrumah rêva d’une Afrique unie,
Car il savait qu’un lion solitaire finit encerclé par les chasseurs.
Ahmed Ben Bella,
Amílcar Cabral,
Agostinho Neto,
Sam Nujoma,
Julius Nyerere,
Robert Mugabe,
Thomas Sankara…
Tous portaient la même question dans leurs yeux :
“Comment être libre
Si notre économie, nos pensées et nos rêves
Appartiennent encore aux autres ?”
Et Sankara répondit :
“La révolution et la libération des femmes vont ensemble.”
Car il avait compris
Qu’aucune société ne s’élève
En gardant la moitié de son peuple à genoux.
Nelson Mandela porta 27 ans de prison
Comme d’autres portent une couronne.
Steve Biko cria au peuple noir :
“La plus grande arme de l’oppresseur
Est l’esprit de l’opprimé.”
Et Cheikh Anta Diop
Redonna à l’Afrique sa place volée dans l’histoire du monde.
Ô Afrique…
Ton problème n’a jamais été le manque de richesses.
Ton problème fut souvent la division de tes enfants.
Car les c