À chaque larme que l’on verse
Par tous ces actes qui nous blessent
La chance nous a violés
Et l’avenir nous regarde, écervelé
Regarde dans nos ciels les trous dans nos cerfs-volants
L’image violente d’une âme victime de choc violent
Une arme dans la main droite
La religion dans la main gauche
Le Seigneur nous convoite
Mais le diable rit la débauche
Nos cœurs saignent et nos sentiments sont arides
Dans le néant, l’obscurité, ce vide
Inconsistance unique d’un sec humide
Dois-je libérer la terre et ceux qui la composent
Armé d’une plume tenue par une main fébrile qui s’ankylose
Nos yeux se gorgent de sang et ont fini par buter des saints
La morale se fait la malle, avec raison le bien se restreint
Vous vénérez le mal, car vous ne croyez qu’en la mort
Vous n’espérez plus qu’un ailleurs qui s’endort
La psychanalyse freudienne, impuissante, n’explique plus rien
Car la réalité des faits nous poignarde chaque matin
On veut croquer cette vie sans dent
Grimper sur la face ascendante et la réussite ressemble au pic des Dentes
Les cicatrices en guise de souvenirs indélébiles
Nos sentiments deviennent toxiques comme l’usine de Tchernobyl
Et la seule chose que vous trouvez à dire, c’est que nous sommes débiles ?
De toutes vos erreurs, nous ne sommes que les bébés héritiers
Venez tremper vos doigts dans le bénitier d’une nation déshéritée
Nous ne sommes que le reflet
De vos actes et d’une existence ratée
nous, c’est dans le vide que nos cœurs tombent
Mystérieux comme le sourire de la Joconde
L’absence et l’oubli accentuent nos décès
Meurtrière, mère patrie au caractère bien racé
À tort, on se bat contre le vent
À l’avant de nos peurs, on essaie de tuer le temps
La violence est gratuite et l’amour est forcé
Courageux, aujourd’hui, de vouloir se marier
Accrochés à la vie, mais ceux-ci sont brûlés
Accordez les violons, car nous sommes fatigués
Et les phases de démence dans le tronc incrustées
Ils nous marquent du trous, les viols ont la santé
Le ciment sous nos pieds se fissure
Comme les sourires disparus de nos figures
Oubli du respect et de tous nos anciens
Groupies du fantasme et de tous ces martiens
Se lever le matin, impossible quand on se couche tard
Se crever, c’est malsain, impassible patron, ils nous sortent le dard
Dopés au mensonge, tyrannisent nos vies
Après le mal songe, tient et vise ravi
Sous les ruines, les cris des gosses résonnent
Le bitume se souvient de chaque rêve qu’on abandonne
Les poètes meurent pauvres, les menteurs font fortune
Et nos vœux se consument sous la même lune
Les parents s’épuisent, les fils s’égarent
La vérité coûte cher, le mensonge se prépare
L’alcool fait prière, la peur fait symbole
On perd la foi à force de garder le contrôle
Les fleurs poussent encore sur les tombes sans nom
Mais nos âmes errent sans horizon
Ohhhhhhh ohhhhh