Couplet I – La voix de la maison
Avec nous, elle parlait fort,
Fort comme on parle quand on est chez soi,
Je lui disais : « Parle plus bas »,
Elle riait — elle avait confiance en moi.
Elle criait la vie dans la cuisine,
Sans peur d’être trop, sans peur d’aimer,
Et dans ce vacarme plein de racines,
J’ai appris ce que voulait dire : être protégé.
Couplet II – La femme simple
Elle n’était point femme de grand dehors,
Ni de restaurants, ni de nuits en fleurs,
Son corps souvent manquait d’effort,
Mais jamais son âme, jamais son cœur.
Les longues marches n’étaient pas pour elle,
Alors elle restait, droite et entière,
À tenir le monde à bout d’aisselle,
Sans se plaindre, sans prière.
Refrain
Et tu brilles,
Oui tu brilles,
Là où la peur s’est tue.
Tu brilles,
Ma mère humble,
Dans une clarté absolue.
Couplet III – Les petits royaumes
Elle bâtissait des villages minuscules,
Des mondes de bois, de champs et de toits,
C’était son voyage, sa capitule,
Son seul ailleurs, son doux endroit.
Devant l’écran, elle refaisait la terre,
Pendant que le monde courait plus loin,
Elle n’avait besoin de rien d’autre que faire
Tenir debout ce qui lui ressemblait bien.
Couplet IV – Le cinéma (la révélation)
Et puis un jour, tard dans la saison,
Je lui ai tendu un bout de ciel :
Une carte, un cinéma, une maison
Où les images parlaient réel.
Elle entrait là comme en cathédrale,
Les yeux grands ouverts, le cœur surpris,
Chaque film était une escale,
Et c’était notre sortie… notre merci.
Refrain
Et tu brilles,
Oui tu brilles,
Là où le temps s’est rendu.
Tu brilles,
Ma mère fragile,
Libre enfin, libre et nue.
Couplet V – La femme courage
Elle a connu la peur, les nuits violentes,
Un homme qui frappait plus qu’il n’aimait,
Et après ça, la crainte tremblante
Des mains masculines, même bienveillantes, à jamais.
Mais jamais elle n’a laissé la haine
Entrer dans la maison des enfants,
Elle a fermé la porte à la peine
Et nous a élevés droitement.
Couplet VI – L’héritage (montée finale)
Seule, sans amis, sans bras pour l’aider,
Elle a fait mieux que bien des foules,
Quand j’ai été placé, elle s’est brisée,
Mais c’était pour m’aimer jusqu’au bout de la houle.
Elle ne m’a jamais jugé, jamais rapetissé,
Même quand l’alcool me prenait la voix,
Si aujourd’hui je tiens debout, c’est hérité :
Ses valeurs vivent encore en moi.
Refrain final – à pleine voix
Tu brilles,
Tu brilles encore,
Et rien ne te retient.
Tu brilles,
Et moi je vis plus fort,
Car ton amour
N’a pas de fin.
Pour ses filles, pour ses fils, pour la table et le pain,
Elle a tenu la maison…
À la force des mains
Tu vois…
Elle n’a jamais fait de bruit.
Mais tout tenait grâce à elle.
Elle avait mes sœurs dans un bras,
La fatigue dans l’autre,
Et personne pour prendre le relais.
Ma grand-mère, elle l’a portée
Quand le sol s’est ouvert sous ses pieds.
Son père, elle l’aimait sans discours,
Elle venait de là.
De ces gens qui ne parlent pas fort…
Mais qui tiennent tout.
Elle n’a jamais dit : « Regardez-moi ».
Elle a juste fait. Tout