Une ligne bleu sur un test oublié,
Un souffle court, un futur brisé.
Pas de place pour un "peut-être",
Quand mon corps devient une dette.
Les voix autour me disent d’attendre,
Que l’amour, c’est aussi souffrir en silence.
Mais porter seule un poids trop grand,
Ce n"est pas vivre, c"est s’éteindre lentement.
Tu me fais faire trop de travail,
Toute la journée, tous les jours :
Thérapeute, mère, bonne,
Nymphe, puis infirmière vierge, et servante.
Juste un appendice, je vis pour l’assister,
Pour qu’il ne lève jamais le petit doigt.
Une machine à bébé qui marche 24h/24, 7j/7,
Pour qu’il puisse réaliser son rêve
D’avoir une grande maison familiale avec jardin.
Ce n’est pas un acte d’amour si tu lui fais.
Les nuits s’effacent sous l’épuisement,
Les jours s’allongent en faux serments.
Je ne suis pas qu’un ventre,
Une promesse qu’il attend.
Et si je refuse, si je reprends,
Ma chair, mon souffle, mon présent ?
Est-ce un crime d’exister,
Sans être forcée d’enfanter ?
Tu me fais faire trop de travail,
Les capillaires de mes yeux éclatent.
Si notre amour mourait, serait-ce la pire des choses ?
Pour quelqu’un que je pensais être mon sauveur.
Tu me fais faire beaucoup de travail,
La peau calleuse de mes mains craque.
Si notre amour se termine, serait-ce une mauvaise chose ?
Et le silence hante notre chambre.
Tu me fais faire trop de travail.
Ce n’est pas un don,
Si c’est une obligation.
Ce n’est pas un choix,
Si je n’ai pas de voix.
Tu me fais faire trop de travail