On :
J’ai une valise de papier,
remplie de rêves oubliés,
des photos effacées,
et une lettre qui sent la pluie.
Tes yeux dans le temps
où le monde brûlait,
et je t’ai trouvée
au milieu du silence de la guerre.
Elle :
Je tiens ton rosaire,
le souffle lent du matin,
et la colombe
qui a perdu sa route vers le ciel.
Tout ce qu’on a survécu
a le goût du miel et de la poussière,
et quand tu ris,
le monde se calme un instant.
Ensemble :
Laissons dormir nos valises,
il n’y a plus de chemin,
tout ce qu’on possède,
c’est la paix de nos mains.
Laissons dormir nos valises,
et qu’en elles résonne encore
cette voix fragile —
l’amour est plus fort
que celui qui le perd en soi.
On :
Sur les routes lointaines,
par-delà la rivière et la lumière,
j’ai rencontré des Indiens,
nous avons partagé la fumée de la paix.
Assis en cercle,
je leur montrais des photographies —
ma famille, ma maison,
et surtout ma grand-mère,
qui souriait toujours,
même quand le monde brûlait.
Et ils sont restés silencieux,
comme s’ils la connaissaient.
On :
Je t’ai trouvée parmi les ruines,
avec un bouquet de roses en papier,
tu chantais tout bas
la lumière après l’orage.
Depuis ce jour je sais
que même le silence a sa mélodie,
et que Dieu parfois parle
par le souffle d’un homme.
Elle :
Je t’ai trouvé
quand le monde n’était que poussière et rouille,
et tu m’as tendu la main
avant que ne hurlent les sirènes.
Depuis ce jour je garde
ton sourire dans ma poche,
et dans mon cœur —
un lieu pour ton retour.
Ensemble :
Laissons dormir nos valises,
il n’y a plus de chemin,
tout ce qu’on possède,
c’est la paix de nos mains.
Laissons dormir nos valises,
et qu’en elles résonne encore
cette voix fragile —
l’amour est plus fort
que celui qui le perd en soi.