

Prompt / Lyrics
À l’homme d’hier. Celui qui portait le toit pendant que le ciel insistait. Le bois parle toujours… quand la charge devient indécente. Au début c’était l’été, pente douce, gestes précis, la charpente respirait… avenir artisanal. Puis l’enfant est venu, et la saison a tourné, la pluie s’est faite acide, infiltration frontale. Les clous entraient de biais, la parole se fendait, chaque promesse sonnait creux, tôle mince sous rafales. On me désignait l’orage pendant que je faisais écran, paratonnerre humain, dos offert au déluge. Je barrais les portes la nuit, croyant tenir l’extérieur, sans savoir que l’intérieur avait déjà des clés. Une toux dans le noir, l’isolant boit la peur, le lit du petit profané, bris de périmètre sacré. Les choses quittaient la maison, arrachées au faîte, le foyer devenait proie, dépouillement méthodique. Surcharge chronique sur une structure déjà fendue, l’orage accuse le toit… mais le toit a tout tenu. Partir, c’était couper l’eau avant la ruine totale, mettre hors d’atteinte l’enfant… décision vitale. Un homme protège ce qu’il porte, même si pour ça il doit claquer la porte. La coke, c’était du goudron jeté sur une noue, ça lisse à court terme, mais ça pourrit la sous-couche. Chaque ligne promettait le silence de la pluie, mais le gel-dégel revient, fissuration garantie. Toujours en déséquilibre, cramponné au rampant, funambule cloué vif, corps en surcharge constante. De l’extérieur, le toit semblait encore tenir, personne sentait l’humide dans les membranes du cœur. L’enfant lisait l’air avant l’averse fatale, on n’a pas besoin de mots pour sentir l’anormal. Rester, c’était apprendre à vivre sous l’égouttement, faire de la ruine un standard, pédagogie toxique. Alors j’ai coupé net, pas par colère, par métier : on évacue un chantier quand la vie est en péril. T’as tenu sous des tonnes d’eau. T’as porté quand ça pesait trop. La honte n’était pas sur toi. Elle était dans ceux qui regardaient le toit céder sans jamais monter aider. Aujourd’hui le toit tient par règles et répétitions, pente juste, solins pleins, discipline de précision. La maison respire, plus d’échos dans les murs, le calme est revenu, étanchéité pure. Travail, camping, famille, le réel consolide, un feu doux sous la tôle, présence solide. La cocaïne est derrière, l’outil est revenu, mains propres sur le bois, trajectoire maintenue. Sous ce toit réparé, l’enfant marche sans crainte, preuve vivante qu’un homme peut stopper l’effondrement. Et s’il pleut encore parfois sur la mémoire, ce n’est plus une menace, juste un rappel du soir. Le toit encaisse, le cœur aussi, sans panique, chaque tempête passée devient savoir empirique. On ne vit plus en urgence, ni en réparation hâtive, on avance droit, lentement, dans une paix active. Un homme, c’est pas celui qui évite la tempête. C’est celui qui refait le toit quand tout a déjà coulé.
Tags
rap, reggae, electric guitar, bass, saxophone, trumpet, violin, synthesizer, scratch, male vocals, piano, hip hop, pop
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12/23/2025