

Prompt / Lyrics
La machine n’est pas bruyante. Elle ne crie pas. Elle tourne. Et tant qu’elle tourne, on appelle ça normal. La machine démarre tôt, avale des vies à la chaîne, Graissée par des lois propres, calibrée pour la peine. Avant, un seul rouage nourrissait tout l’engrenage, Aujourd’hui deux pistons brûlent pour maintenir la cadence. Les prix montent en pression dans les cylindres du marché, Pendant que les salaires stagnent, figés dans l’acier. Le logement devient pièce rare, numérotée, scellée, La bouffe passe en option, la fatigue en priorité. Chaque facture est un boulon qu’on resserre sans notice, Chaque mois réduit la marge, augmente la force de friction. C’est pas la paresse qui grippe la rotation, C’est un système réglé pour user sans explosion. Pas de sirène d’alarme, pas de panne spectaculaire, Juste une lente abrasion des nerfs, des corps, des repères. On n’avance pas, on compense la vitesse imposée, Sur un tapis motorisé qui recule à volonté. La machine accélère. La pression augmente. Les vies encaissent. Les coûts montent en flèche, les salaires servent de cale. Et tant que ça tourne encore, on appelle ça viable. En haut, les salles sont climatisées, Les profits circulent libres, jamais surexploités. L’argent travaille seul quand les corps s’arrêtent, En bas, les corps s’usent jusqu’à la défaite. La classe moyenne, pièce d’usure intermédiaire, Ni protégée du choc, ni rentable à réparer. Trop solide pour casser, trop fragile pour durer, Condamnée à fondre lentement, sans jamais alerter. Les riches parlent rendement, stratégie, optimisation, Les autres parlent loyer, horaires, renonciation. Même chaîne de montage, pas le même point de vue, Y’en a qui règlent la machine, d’autres servent de surplus. Le marché est dit libre, mais la table est inclinée, Les règles sont gravées avant même d’être entré. Pendant qu’on serre les dents pour tenir l’équilibre, D’autres déplacent les leviers, invisibles. Ce n’est pas une crise. C’est une cadence. Pas un accident. Un réglage. Une machine conçue pour produire tant que les pièces tiennent, et remplacer celles qui lâchent. Les corps s’adaptent, les nerfs s’endurcissent, L’épuisement devient norme, la douleur se lisse. On appelle ça résilience pour éviter pression, Mais tenir trop longtemps n’est pas solution. Les familles tournent en double quart de travail, Le temps devient rare, l’absence banale. On sacrifie le repos pour maintenir la production, Pendant que la machine appelle ça contribution. La valeur d’une vie se calcule en unités produites, Pas en années vécues ni en nuits complètes, gratuites. Une machine qui exige toujours plus sans jamais redistribuer l’effort fonctionne exactement comme prévu. Et tant qu’on confondra production et dignité, le coût de la vie dépassera la valeur des vies.
Tags
Hip-hop, rap, reggae, guitar, bass, saxophone, violin, synthesizer, male vocals, synthwave, pop, trumpet, drill beats
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12/23/2025