(Couplet 1 -)
Il porte un costume sombre, une montre à l’heure de New York
Il croit aux chiffres, aux bourses, au pragmatisme du roc
Il voit la vie comme un plan, une suite de cases à cocher
Dans son carnet de cuir, tout est déjà programmé.
Il partait pour Manhattan, conquérir des gratte-ciels
Un monde de verre et d’acier, sans aucun artifice au ciel.
(Couplet 2 -)
Elle a des plumes dans les cheveux, des bracelets qui tintent
Elle croit aux astres, aux rêves, aux couleurs qui se peignent
Elle voit la vie comme un souffle, un courant à épouser
Pas d'agenda, pas de montre, juste l'envie de s'égarer.
Elle partait pour Lima, les sommets de l’esprit
Chercher le chant du vent sur les ruines du temps gris.
(Refrain)
Pourtant l’orage a grondé, le tableau s’est éteint
Vols annulés, destins cloués, au milieu du chemin
Dans le hall froid de l'aéroport, deux mondes se sont croisés
Lui vers le Nord, elle vers le Sud, la foudre les a figés.
Rien en commun, tout les sépare, l'abysse est sous leurs pieds
Mais dans l'attente du départ, le hasard s’est mis à briller.
(Couplet 3 -)
Quand les lumières ont baissé, que le hall s'est vidé
Ils ont cherché un angle, un coin d'ombre oublié
Sous une couverture de survie, loin des regards de verre
Leurs corps ont trouvé un langage, une trêve de lumière.
Plus de croyances, plus de doutes, plus de philosophies
Juste le poids d'un souffle et l'urgence de la nuit
Ils ont échangé bien plus que des phrases ou des noms
Dans le silence des pistes, sous le vol des avions.
(Couplet 4 -)
L'aube est une lame froide qui découpe l'horizon
Il regarde sa porte, il perd sa direction
L'envie de rester là, de rater son envol
Lui qui ne rate rien, se sent lourd sur le sol.
Il serre son attaché-case comme un fardeau inutile
Lui dire de ne pas partir ? Tout semble si fragile.
Il monte la passerelle, le cœur en plein naufrage
Maigre consolation dans ce dernier voyage.
(Pont Musical)
Est-ce que le monde est si grand ?
Ou sommes-nous juste des passagers perdus dans le vent ?
(Refrain)
Pourtant l’orage a grondé, le tableau s’est éteint
Vols annulés, destins cloués, au milieu du chemin
Dans le hall froid de l'aéroport, deux mondes se sont croisés
Lui vers le Nord, elle vers le Sud, la foudre les a figés.
Rien en commun, tout les sépare, l'abysse est sous leurs pieds
Mais dans l'attente du départ, le hasard s’est mis à briller.
(Couplet 5)
Deux trajectoires qui s'effleurent et s'arrachent
Des vérités qu'on tait, des désirs qu'on cache.
L'acier de New York, la terre du Pérou
Lequel de nous deux deviendra le plus fou ?
(Final)
Mais elle reste assise là, un calme étrange au visage
Regardant l'avion s'éteindre au-dessus des nuages.
Elle sourit en secret, car au fond de son veston
Elle a glissé un papier, comme une provocation.
Dix chiffres griffonnés, un "au cas où" vers le ciel
Pour que New York et Lima deviennent... accidentels.