J’ai grandi dans un décor flou
Où les murs parlaient plus que nous
Des silences lourds, des gestes trop pleins
Et des absents qui tenaient ma main
Petite fille trop vite armée
À jouer les grandes, à me taire, à plier
Mon cœur était pas prévu dans le plan
Mais il battait, fort, doucement
J’ai appris à lire dans les regards
À prévoir les tempêtes en retard
Mais y’a personne qui m’a demandé
Ce que moi, j’voulais raconter
Ce que j’ai traversé, j’le crie pas fort
Mais chaque pas, chaque nuit, c’est de l’or
J’ai reconstruit sur des ruines muettes
Et j’suis encore là, même si j’fais la discrète
Ce que j’ai traversé, tu peux pas l’voir
Mais ça brille en moi, comme un foutu espoir
Y’a des mots qu’on apprend à avaler
Des vérités trop dures à dévoiler
Mais j’ai tout noté, quelque part
Dans un coin de page, ou dans mon regard
J’ai laissé l’enfance dans une valise
À moitié pleine, à moitié prise
Mais aujourd’hui, j’me tiens debout
Et si j’pleure encore, c’est que j’vais jusqu’au bout
J’ai vécu des choses qu’on nomme pas
Mais j’suis restée là, malgré ça
Et même si j’ai l’âme en rafale
J’porte la lumière comme un bal
Ce que j’ai traversé, j’le chante pas faux
C’est pas du joli, c’est pas des mots
Mais j’suis en vie, bordel, c’est déjà beau
Et j’me transforme, lentement, mais haut
Ce que j’ai traversé, c’est ma vérité
Même si personne veut l’écouter
Et s’ils savaient ce que ça coûte
De survivre quand on doute
S’ils voyaient l’enfant que j’étais
Ils comprendraient pourquoi je me tais
Ce que j’ai traversé, j’le crie pas fort
Mais chaque pas, chaque nuit, c’est de l’or
Et même si j’ai parfois peur d’exister
J’suis l’preuve vivante qu’on peut se relever