À quoi bon ressasser nos chutes répétées,
Revenir sans cesse aux mêmes erreurs séculaires ?
Cet amour que nous portons est-il réciproque, complété,
Ou chacun cultive-t-il seul ses sentiments solitaires ?Des raisons parsèment nos chemins de doute,
La haine aurait-elle dévoré tout l'espace du cœur ?
L'hypocrisie serpente à travers chaque route,
Si l'amour existe, pourquoi les races divisent-elles nos murs de peur ?Dans un désert peuplé de lézards immobiles,
Nul sauveur ne surgira de l'horizon ardent.
Des spectacles étranges, invraisemblables, serviles,
Se jouent sans témoin courageux pour les dénoncer, les fendant.Nous nous réveillons tard, peut-être jamais de ce rêve,
Prisonniers de songes dont nous ne pouvons nous détacher.
L'art autrefois roi—qu'en est-il de sa trêve ?
La poésie parlante s'est-elle laissé étouffer ?Faut-il encore glorifier l'art dans ce monde avili,
Où la musique, vendue, perd sa voix d'or,
Où le dessin s'avillit, commercialisé, profané ?
Où le septième art expose la plaie avant le corps ?La foi en l'amour s'effondre, pulvérisée,
La haine monte, inébranlable, certaine.
La méditation du mal mûrit, cristallisée,
Tandis que les forts fuient—qu'assurent-ils ? La chaîne.Le monde chancelle, ivre de son propre poison,
Les puissants s'enfuient dans l'ombre de leur fuite.
Que dire après ? Quelle raison,
Quand nous nous précipitons vers le mal avec l'acuité la plus vive ?L'amour : est-ce la reine qui couronne son roi,
Prête à semer le chaos pour sa gloire éphémère ?
Condamnée à se trahir par sa propre mauvaise foi,
À s'engloutir dans l'abîme de son orgueil chère ?L'amour : est-ce ce monde qui nous enveloppe,
Devenu muet aux cris de nos détresses,
Qui nous abandonne à la corde qui enroppe,
Abrégeant nos destins sous ses faiblesses ?L'école, temple d'amour et de commerce mêlés,
Où nous nous vendons pour des miettes dorées,
Où les trous de nos âmes ne sont plus comblés,
Mais où nous courons frénétiques contre nos destinées égarées.L'amour n'est point l'apparence trompeuse
L'amour n'est qu'un simple effluve passager,
Mais un acte, une force généreuse,
Qui dépasse nos pensées, capable de nous changer.C'est un cœur ouvert au besoin du prochain,
Un geste qui transcende nos chaînes égoïstes,
Un chemin tracé par la main,
Vers l'humanité, malgré la nuit qui persiste.